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Utilisation du mot ‘n’ : pression sur Radio-Canada contre les montages du CRTC

La pression monte sur Radio-Canada pour contester la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de s’excuser pour un chroniqueur utilisant le mot « n » lors d’une émission radio.

Dans une lettre adressée au président du conseil d’administration de Radio-Canada, Michael Goldblum, plus d’une vingtaine d’éminentes personnalités médiatiques, dont la députée Christine Saint-Pierre, l’ancien présentateur de nouvelles Bernard Derome et l’ancien président du Conseil de presse du Québec, Paul Beaugrand-Champagne , exhortent la SRC à contester la décision du CRTC devant les tribunaux.

Cette lettre, publiée ce matin dans le quotidien Le Devoir, est la troisième à paraître dans le domaine public depuis que le CRTC a accusé Radio-Canada parce que le titre du livre Nègres blancs d’Amérique de Pierre Vallier a été prononcé quatre fois dans une tranche de l’émission Le 15-18, 17 août 2020

La plupart de ses signataires avaient déjà endossé la première lettre envoyée à La Presse vendredi dernier. Une autre lettre, cette fois cosignée par une cinquantaine de journalistes et présentateurs actuels de Radio-Canada, a été publiée lundi dans La Presse.

Dans les deux cas, les signataires s’opposent à la décision du CRTC et demandent à Radio-Canada de la contester.

“Trop important”

La décision du CRTC, rendue le 29 juin, a renversé une décision de l’ombudsman de Radio-Canada, qui avait initialement rejeté une plainte de l’auditeur Ricardo Lamour. L’ombudsman a statué que l’utilisation du mot « n » n’enfreignait pas les normes et pratiques journalistiques de la société d’État.

Selon l’ancien directeur général de l’information de Radio-Canada, Alain Saulnier, cette affaire soulève d’importantes questions sur l’indépendance journalistique.

“C’est très important. La décision du CRTC démontre qu’il est absolument nécessaire que l’indépendance de Radio-Canada soit clairement démontrée dans son contenu éditorial.” Le CRTC s’en mêle.

Il n’y a pas que la SRC qui devrait mener la bataille, selon les signataires. « Le CRTC aura les épaules larges à un moment donné parce qu’il s’occupera désormais d’Internet et des technologies numériques. Tous les médias sont concernés”, a déclaré M. Solnier.

Réunion

Selon nos informations, le conseil d’administration de Radio-Canada doit se réunir cette semaine pour organiser sa réponse au CRTC.

La direction de SRS, qui dit avoir “pris connaissance des différents avis générés par la décision du KRTS”, n’a pas souhaité commenter le dossier hier.

«Nous voulons prendre le temps nécessaire pour étudier la décision prise par le CRTC et les prochaines étapes à franchir», nous a-t-on dit.

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