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Vers un retour des hommes sur la lune

Environ six fois plus petit que l’actuelle Station spatiale internationale (ISS), l’avant-poste lunaire Gateway sera assemblé module par module à partir de 2026 grâce aux lanceurs de la NASA et au secteur privé. Les deux premières sections seront le module de propulsion et le poste de logement.

L’ISS orbite autour de la Terre à 400 km, tandis que Gateway orbitera autour de la Lune environ 1 000 fois plus loin, à 400 000 km de la Terre, explique Stéphane Desjardins, chargé de projet, exploration spatiale à l’ASC.

Gateway servira de point de lancement pour les missions lunaires habitées et robotisées, de laboratoire scientifique et technologique, mais aussi de point de rassemblement et de centre de contrôle pour les missions lunaires.

Il pourrait éventuellement devenir un point de départ pour des missions sur Mars.

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La station pourra accueillir jusqu’à quatre astronautes. La passerelle ne sera pas habitée en permanence comme l’ISS. Les astronautes ne seront là que quelques mois par an selon les missions, note Stéphane Desjardins.

La NASA prévoit actuellement au moins une mission habitée par an vers la station orbitale, où les astronautes pourraient rester jusqu’à trois mois.

Vue d’artiste de ce à quoi ressemblerait la station lunaire Gateway, montrant le Canadarm3 et la capsule Orion. Photo : NASA

Pour cette raison, la robotique occupera une place prépondérante. Le Canada fournit au programme le Canadarm3, la troisième version de son bras robotisé, qui sera désormais intelligent, lui permettant de fonctionner de manière beaucoup plus autonome.

« Toutes les tâches de maintenance, de réparation et d’inspection sur la station Gateway et même les expériences scientifiques seront effectuées par le système robotique intelligent. »

— Citation de Stéphane Desjardins, ASC

Le Canadarm3 a deux bras, un grand de 8,5 m de long et un plus petit, beaucoup plus flexible.

Illustration d’artiste du Canadarm 3. Photo : NASA/ESA

Il peut même prendre certaines décisions lorsqu’il n’est pas contrôlé par l’équipage. Le Canadarm3 sera non seulement autonome, mais aussi réparable, s’enthousiasme M. Desjardins, qui ajoute que l’intelligence artificielle a été intégrée à la conception du logiciel.

De plus, la grande main pourra saisir des vaisseaux spatiaux ou déplacer des modules sur une station dans l’espace, tandis que la petite main pourra déplacer des équipements et des outils autour de la station.

Le mouvement du Canadarm3 sera rendu possible grâce à un système de plusieurs dizaines de terminaux, interfaces mécaniques, qui sont également conçus et fabriqués au Canada et qui seront expédiés avec les premiers modules en 2024.

Vue d’artiste du Canadarm3 qui sera sur la station Gateway Photo : NASA/CSA

Ces interfaces mécaniques électrifiées permettront au Canadarm3 de se positionner pour accomplir ses tâches.

Il pourra passer d’un terminal à l’autre en s’attachant à l’un et en se détachant de l’autre. Quelque chose comme les vêtements monteraient les escaliers.

Les plans actuels prévoient que le Canadaarm sera livré à la station en 2027, mais le calendrier pourrait encore changer.

Contrairement aux versions précédentes, le Canadarm3 sera entièrement exploité par le Canada, précise M. Desjardins.