France

Visite du pape : les victimes d’abus sexuels exigent des mesures

Les victimes d’abus sexuels par des membres de l’Église catholique sont catégoriques sur le fait que le pape a fait le premier pas en reconnaissant les abus et appellent à une “action décisive”, mais la seule action utile serait un règlement rapide d’environ deux douzaines de recours collectifs poursuites intentées au Québec.

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Gaétan Bégin, victime d’abus religieux dans son enfance, s’est félicité jeudi de la reconnaissance par le pape François des torts qui lui ont été faits, mais il lui en faudra plus.

Car après tant d’années de lutte, les paroles et les prières ne suffisent plus.

«Ils doivent réparer ce qu’ils ont cassé. C’est le moment si je veux pouvoir vivre le moment où j’ai l’esprit tranquille”, déclare l’homme, qui aura 82 ans le mois prochain. « Plusieurs victimes sont mortes aujourd’hui, ça fait si longtemps. Il faut arrêter”, a déclaré celui qui affirme avoir été agressé avec ses deux frères par un abbé de Bose à la fin des années 1950.

Idem pour Jean Simard, victime des Sœurs de la Charité au Mont d’Youville. L’homme de Québec ne comprend pas pourquoi le Pape, en tant que chef de l’Église, ne prend pas le dossier en main pour résoudre les recours qui ont été interjetés.

“Au lieu de simplement s’excuser, il aura le pouvoir de négocier. Mais au lieu de cela, nous sommes coincés dans cette folie », a déploré M. Simar.

Actions fortes

Lors d’une messe célébrée jeudi à la Basilique Notre-Dame de Québec, sa dernière célébration officielle dans la Vieille Capitale, le Saint-Père a reconnu pour la première fois les abus sexuels commis au pays par des membres de l’Église.

Parlant de “scandales”, François a appelé à “une action décisive” et à une “bataille irréversible”, des mots qui mettent une pression intense sur les diocèses et les congrégations soumis à une action collective.

“Le Pape les appelle à une action décisive. Pour moi, la seule vraie action est de régler les dossiers », insiste Jean Simard.

“J’espère que les organisations sous sa direction prennent sa position en considération. Ils n’ont plus le choix », note Me Alain Arsenault, qui représente des victimes dans certains de ces appels. « Et ça revient toujours. J’en ai un autre qui m’a contacté ce matin.

Car si rien ne se passe, ces belles promesses du Pape François n’auront qu’un goût amer pour les victimes.

« Si rien ne bouge, sa visite sera la même que [causer] accident de voiture, est sorti pour dire qu’il avait honte et s’excuser avant de s’enfuir. C’est ce que ferait le pape s’il n’y avait pas de réparations », a dépeint Roger Lessard, qui agit comme porte-parole de groupes de victimes d’agressions sexuelles.

bâtons dans les roues

Pour les victimes interrogées par Le Journal, la visite du Pape rappellera de nombreux souvenirs d’horreur. Gaëtan Begin n’avait même pas entendu parler des propos du Saint-Père sur les abus sexuels, car il n’a pas pu suivre les détails de sa visite.

“Quand il a dit à son arrivée qu’il demandait pardon pour ce que les membres de l’Église avaient fait sans admettre que l’Église elle-même était le problème, j’ai ressenti une telle rage que je ne voulais plus le revoir”, raconte le Homme de Sherbrooke.

Ce dernier était l’un des signataires d’une lettre au pape François demandant des excuses et accélérant le processus de réparation. Donc, pour le moment, le Saint-Père n’a parcouru qu’une partie du chemin.

“Il faut que ça bouge le plus vite possible”, a-t-il expliqué.

« Ils doivent arrêter de mettre des bâtons dans les roues des victimes. Ils se précipitent pour prier pour les victimes, mais quand vient le temps de l’indemnisation, c’est la catastrophe. Ça suffit », ajoute Roger Lessard.

Recours collectifs contre une église pour abus sexuels au Québec

  • 24 affaires sont en attente
  • 7 contre les diocèses, 17 contre les congrégations religieuses
  • Environ 2000 victimes déclarées

Source: I Alain Arsenault