France

Voici ce que révèle la dernière étude Trajectories and Origins.

Désireux de confronter la réalité des enquêtes statistiques aux débats de société, notamment sur l’immigration, l’Insee et l’Ined (Institut national d’études démographiques) dévoilent les résultats de la deuxième édition de leur enquête, intitulée « Trajectoires et origines », menée avec 27 200 personnes.

Qu’y apprend-on ? En 2019-2020, 21 % de la population française est liée à l’immigration, explique Jérôme Lê, chercheur à l’Insee : 9 % sont des immigrés (5,8 millions de personnes) et 12 % sont des descendants d’immigrés de 2e génération. Et 10 % des moins de 60 ans sont des petits-enfants d’immigrés. De nombreuses familles ont aujourd’hui un lien avec l’immigration car la variété des unions à chaque génération multiplie la présence d’immigrés dans l’ascendance : un tiers des moins de 60 ans ont un lien avec l’immigration sur trois générations.

Diplômes égaux, carrières inégales

Le pays de l’éducation ? “Les niveaux d’éducation ont évolué sur trois générations, mais les inégalités sociales persistent”, soulignent les chercheurs. Les descendants d’immigrants obtiennent des diplômes significativement plus élevés que leurs parents et se rapprochent du niveau de diplôme de la population non immigrante. 72% des enfants d’immigrés obtiennent un diplôme supérieur à celui de leurs parents, illustre le chercheur de l’Ined Matthew Ishu. Avec des inconvénients. Notamment, à diplômes égaux, parcours inégaux : les diplômés (bac + 2 ou plus) issus de l’immigration accèdent moins facilement aux professions intermédiaires ou supérieures que ceux qui ne sont pas issus de l’immigration.

Le sentiment de discrimination grandit

Enfin, l’étude porte sur la discrimination. En dix ans, la perception de la discrimination a augmenté. 19 % des 18-49 ans déclarent l’avoir vécu en 2019-2020, contre 14 % en 2008- 2009. Réelle hausse discutable des discriminations, mais peut-être plus grande sensibilité à ces questions, avertissent les chercheurs.

Les femmes se disent plus touchées que les hommes. Le sexisme est devenu la principale source de discrimination pour les femmes, dépassant celles liées à l’origine, à la nationalité ou à la couleur de la peau (principale pour les hommes).

Notons également que 11 % des personnes de confession musulmane déclarent avoir subi une discrimination religieuse, contre 5 % il y a dix ans. Patrick Simon, directeur de recherche à l’Ined, y voit une expression de la tension autour de l’islam dans le débat public. L’étude révèle également la perception du racisme anti-asiatique exprimée lors de la pandémie de Covid.

Immigration en France : ce que révèle la dernière étude Trajectoires et Origines.GRAND chevron_leftchevron_right