L’ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, à Durham, États-Unis, le 17 février 2020. (AFP/Logan Cyrus)
La justice américaine a révélé mercredi un complot mené par un membre des Gardiens de la révolution iraniens pour assassiner John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.
Le ministère américain de la Justice a déclaré dans un communiqué que Shahram Poursafi, également connu sous le nom de Mehdi Rezayi, 45 ans, a été accusé par contumace d’avoir proposé de payer 300 000 dollars à des individus aux États-Unis pour tuer John Bolton, qui a également été ambassadeur des États-Unis auprès du Les Nations Unies.
Le complot, visant apparemment à venger la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué en janvier 2020 lors d’une frappe américaine, a été révélé aux autorités par la personne soupçonnée d’avoir tué M. Bolton, dont l’identité n’a pas été dévoilée. .
Les accusations de la justice américaine interviennent alors que le régime iranien réfléchit à un compromis présenté par l’Union européenne pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, au point mort après le retrait des États-Unis en 2018 sous l’impulsion de Donald Trump, alors conseillé par John Bolton.
Pendant des mois, Téhéran a lié tout accord au retrait des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, de la liste noire américaine des organisations terroristes.
“Ce n’est pas la première fois que nous découvrons un complot iranien visant à se venger du sol américain, et nous travaillerons sans relâche pour découvrir et empêcher une telle tentative”, a déclaré le secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure, Matthew Olsen.
Selon l’acte d’accusation, fin 2021, Shahram Poursafi est entré en contact avec un individu soupçonné d’avoir commis le meurtre. Il s’agissait en fait d’un informateur du FBI avec qui il communiquait depuis des mois.
– Crypto-monnaies –
Shahram Poursafi lui a ordonné d’ouvrir un compte en crypto-monnaie, puis lui a donné l’adresse de travail de l’ancien conseiller de Donald Trump avant de l’exhorter à mettre le plan en action avant le premier anniversaire de la mort de Qassem Soleimani.
Le puissant général iranien, artisan de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, était à la tête de la Force Al-Qods, l’unité chargée des opérations extérieures au sein des Gardiens de la révolution. Il a été tué le 3 janvier 2020 lors d’une frappe de drone à Bagdad.
Alors que la date d’un an passait, Shahram Poursafi a continué à pousser l’informateur à tuer M. Bolton, lui promettant un contrat d’un million de dollars pour une deuxième cible s’il réussissait.
Le FBI a publié une affiche recherchée pour Shahram Poursafi avec plusieurs photos, dont deux le montrent dans un uniforme des gardiens de la révolution.
« Au cours de leur échange, la source confidentielle a fait référence à plusieurs reprises à M. Poursafi comme étant associé à la Force Qods. Poursafi n’a jamais nié”, a noté la justice américaine.
S’il est arrêté, ce qui est peu probable puisqu’il se trouve probablement en Iran, Shahram Poursafi encourt jusqu’à 25 ans de prison.
– Conséquences “graves” –
John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump d’avril 2018 à septembre 2019, a qualifié l’accord nucléaire de 2015 d'”erreur stratégique majeure”. Il a publiquement soutenu la décision de M. Trump de retirer les États-Unis de ce pacte, connu sous son acronyme anglais JCPOA, qui vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien.
L’acte d’accusation indique que M. Bolton a été informé du complot et a coopéré avec les enquêteurs en autorisant l’envoi à M. Poursafi de photographies de lui prises devant ses bureaux à Washington.
Dans un communiqué, John Bolton a qualifié les responsables iraniens de “menteurs, terroristes et ennemis des États-Unis”, exhortant le président Joe Biden à ne pas se retirer de l’accord avec l’Iran.
L’actuel conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, a tweeté que Téhéran ferait face à de “graves conséquences” s’il attaquait des responsables américains actuels ou anciens.
La justice américaine n’a pas identifié la deuxième cible, mais selon le site Axios il s’agit de l’ancien chef de la diplomatie, Mike Pompeo. Citant une source proche de l’ancien secrétaire d’État, Axios a déclaré que le ministère de la Justice lui avait “confirmé directement” qu’il était l’une des cibles de Shahram Poursafi.
Avec John Bolton, M. Pompeo a été l’un des principaux architectes de la politique de “pression maximale” de l’administration Trump sur l’Iran.
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