France

A la Fête de l’Humanité, Roussel défend la “gauche du travail” contre celle des “allocations”

Fabien Roussel, depuis que la gauche a conclu un deal pour les législatives, aime à pointer sa différence avec ses nouveaux amis rebelles, écologistes et socialistes. Rebelote ce vendredi pour le patron et ancien candidat à la présidence du PCF, qui a déclaré lors de la Fête de l’Humanité que “la gauche doit défendre le travail et non être la gauche des allocations et des minima sociaux”.

Accueillant les journalistes sur le nouveau site du parti situé à Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne, le député réélu a exprimé sa fierté d’avoir remporté l’une des « 15 circonscriptions d’extrême droite les plus fortes. » celle de Saint-Amand-les-Eaux près de Valenciennes. “Pour être sauvé, il fallait que j’entende… Il y a des déclarations (à gauche) qui ne passent pas” parmi les électeurs, a souligné Fabien Roussel.

Ainsi, “les Français nous parlent d’assistanats, en nous disant qu’ils travaillent et qu’eux (bénéficiaires des minima sociaux, ndlr) ne travaillent pas”, a-t-il ajouté. Selon le communiste, “la gauche doit défendre le travail et les salaires, pas être la gauche des compléments, des minima sociaux et des revenus de remplacement”. “Je ne suis pas pour la France sud-africaine et le chômage”, a-t-il insisté.

Roussel contre la “garantie de l’emploi”

C’est ainsi qu’il a expliqué son opposition à une mesure défendue par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, avec laquelle ils sont alliés au sein de la Nouvelle Union populaire environnementale et sociale (Nupes) : « Je ne partage pas la proposition de garantir des emplois, nous allons coupé loin du monde du travail qui travaille dur ! »

Dans son programme présidentiel, Jean-Luc Mélenchon a proposé une garantie d’emploi au SMIC de l’Etat dans les secteurs de la transition écologique ou sociale pour tout chômeur de longue durée volontaire. De même, “l’objectif n’est pas d’augmenter les minima sociaux, mais de sortir des minima sociaux”, a estimé Fabien Roussel.

Le secrétaire national du PCF estime que les Nupes doivent aller dans ce sens et aussi “aller au-delà des quatre forces” (LFI, PS, EELV, PCF), notamment en direction des mouvements sociaux. Car “un homme de gauche qui dresse un bilan globalement positif de l’élection législative alors qu’il y a 89 députés RN a un peu de caca dans les yeux”. Interrogé sur le député François Ruffin, qui estime également que LFI devrait parler davantage à la classe ouvrière de province, Fabien Roussel a convenu : « J’ai fait la même campagne que lui. Je n’étais pas le seul à ne pas avoir Jean-Luc Mélenchon sur mes flyers…”