France

Après le départ de Martin Hirsch, une séquence délicate a commencé à la tête des hôpitaux de Paris

Il décida de mettre ses gants. Et le message a provoqué l’émoi dans le monde de la médecine, mais aussi en politique. Après neuf ans à la tête de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch a annoncé publiquement, vendredi 17 juin, qu’il quittait l’hôpital francilien à la fin du mois. Arrivé en 2013, le conseiller d’Etat de 58 ans a démissionné dans un contexte de crise hospitalière sans précédent, avec une pénurie de soignants obligeant de nombreux établissements à fermer leurs lits pendant des mois.

En mars 2020, au coeur de la crise du Covid-19, il promettait notamment de “faire en sorte que ‘l’après’ l’hôpital ne soit pas ‘l’avant'”. Officiellement, s’estimant incapable de tenir cet engagement aujourd’hui, les conditions n’étant pas réunies tant par le gouvernement que par la communauté hospitalière, le haut fonctionnaire a décidé de “passer le relais au directeur général de l’AP”. HP à la disposition du gouvernement », a-t-il déclaré au Monde.

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Refusant de croire au départ volontaire de M. Hirsch, certains dans le monde médical le voient avant tout comme la main de l’exécutif. La nomination d’Aurélien Rousseau, ancien directeur de l’agence régionale de santé d’Ile de France, comme directeur de cabinet d’Elizabeth Bourne à Matignon, ne lui serait pas tout à fait étrangère. Une version totalement démentie par M. Rousseau, qui affirme qu'”absolument aucun” n’a joué de rôle dans le départ de Martin Hirsch. “Nous avons toujours travaillé ensemble dans la confiance et je peux le dire dans l’amitié”, a-t-il expliqué. D’autres sources en marge de l’AP-HP affirment que la décision, prise il y a un mois, viendra de l’Elysée.

“Ma décision”

Une version que l’exécutif n’a pas confirmée, mais qui n’a pas été surpris par l’annonce du départ de M. Hirsch, est également considérée comme “une information déjà connue” dans le monde médical où la rumeur se répand. Au sommet de l’État, nous travaillons également à minimiser la portée de ce message en le présentant comme un non-événement. “Martin Hirsch occupe ce poste depuis neuf ans. Il peut y avoir un phénomène d’usure à la maison. Il arrive que les administrations changent de gouvernement », raconte un conseiller exécutif, alors que le nom de l’ancien directeur de cabinet de Jean Castex à Matignon, Nicolas Revel, circule pour le remplacer à la tête de l’AP-HP. Ce dernier est déjà bien connu dans le monde de la santé, notamment dans les rangs des médecins libéraux : il a dirigé la Caisse nationale d’assurance maladie de 2014 à 2020, avant d’être nommé directeur de cabinet de M. Castex, comme le souhaitait Emmanuel Macron.

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