La veille, le représentant de l’Etat a fait preuve de fermeté, assurant que la police interviendrait “pour empêcher ces blocages”. Il a annoncé la mobilisation de 250 policiers et gendarmerie…
La veille, le représentant de l’Etat a fait preuve de fermeté, assurant que la police interviendrait “pour empêcher ces blocages”. Il a annoncé la mobilisation de 250 policiers et gendarmes, ajoutant que tout “sera jugé, filmé et remis au procureur, qui fera sans doute preuve de la plus grande fermeté”.
C’est pourquoi le ton a été haussé hier avec une interdiction pure et simple de toute mobilisation au Pays basque. La préfecture a fait de “la sécurité et la santé des personnes” sa priorité. La perspective d’un réseau routier paralysé, de gares et d’aéroports bloqués, dans un contexte estival à forte traversée de vacanciers, sont autant de raisons qui ont motivé le choix de la préfecture. “Il est illusoire de penser que les manifestants pourront envoyer des véhicules d’urgence, des pompiers, des Samu, sur des routes totalement paralysées et sans possibilité de déchargement”, a déclaré Eric Spitz.
Le préfet a rappelé avoir “proposé un dialogue aux représentants des deux mouvements afin d’identifier des modes alternatifs de mobilisation”. Selon ses propres termes, “les organisateurs ont refusé les propositions qui leur étaient faites”.
Bake Bidea et Les Artisans de la paix ont réagi en milieu d’après-midi à l’interdiction des manifestations à travers les réseaux, annonçant une conférence de presse à 18h30 à Bayonne avec pour devise : maintenir la journée de blocage et un « Hurbildu ! (rejoignez-nous, en basque), ce qui a levé tout doute, le cas échéant, sur les intentions des extrémistes.
Des points de collecte seront présents dans dix communes du Pays basque, entre 10h00 et 10h30 ce samedi 23 juillet.
Sud-ouest
Non-violence revendiquée
Lors de la conférence de presse donnée devant la sous-préfecture, les porte-parole des associations ont déclaré ne pas être surpris de la position affichée par le préfet. Ils ont assuré que les travaux préparatoires avant ce confinement ont duré de nombreuses semaines et comprenaient des discussions avec les autorités et les acteurs de la santé pour s’assurer que la sécurité serait garantie à tous les niveaux. A titre d’exemple, Anaïs Funosa de Bake Bidea a rappelé que “les communautés ont trahi nos actions et ont pris des mesures comme la fermeture des transports en commun”.
Pour Daniel Elichiry, des Artisans de la Paix, “puisqu’il s’agit d’un acte de désobéissance civile, ce n’est pas admissible comme manifestation et donc ne peut être interdit”. Tous deux ont insisté sur la nécessité de respecter la non-violence, quelles que soient les “provocations” sous-entendues par la police.
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