La rentrée de septembre sera marquée par la hausse de la remise carburant. Va-t-il résister à la chute des prix du pétrole ?
Bien sûr! La remise de 30 centimes d’euro par litre de carburant a été votée par les parlementaires, elle entrera en vigueur le 1er septembre. Notre objectif est simple : alléger le portefeuille de nos compatriotes. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large visant à réduire au maximum la facture énergétique. Nous avons gelé le prix du gaz, plafonné le prix de l’électricité. Sans ces mesures, les factures françaises auraient augmenté de 35 à 50 %. Nous sommes au pic de l’inflation : c’est le moment d’aider au maximum les Français.
Total s’est également engagé à baisser le prix du carburant de 20 centimes à la rentrée. Encore une fois, la chute des prix pourrait-elle annuler ce geste ?
Certainement pas : un engagement est un engagement. Avec cette aide supplémentaire, la remise peut atteindre 50 centimes d’euro par litre de carburant. L’État garantira le respect de tous les engagements pris par les entreprises privées. Le fardeau de l’inflation doit être équitablement réparti entre tous les participants.
Le Council for Economic Analysis estime que cette remise sur le carburant a surtout profité aux plus riches. Peux-tu deviner?
Tous les Français sont protégés par le bouclier énergétique pour le gaz, l’électricité et les carburants. Résultat : nous avons l’inflation la plus faible de la zone euro. Qui peut porter plainte ? Et selon le FMI, toutes ces mesures placent la France en tête des pays européens où l’impact de l’inflation entre ménages riches et modestes est le moins prononcé ! Nous avons également créé des aides spécifiques pour les ménages les plus modestes, comme la prime exclusive de rentrée scolaire de 100 € par foyer plus 50 € par enfant. Par conséquent, notre politique est à la fois efficace et équitable. Mais nous avons toujours souligné que ces mesures anti-inflationnistes seront temporaires. Lorsque l’inflation sera plus faible, en 2023, nous dirigerons cette aide vers ceux qui en ont le plus besoin.
Bruno Le Maire : “Je suis convaincu que nous avons d’importantes réserves de croissance dans les biotech, le quantique, l’agro-alimentaire, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs…”.
Bertrand Lapeg/SUD OUEST
“Lorsque l’inflation sera plus faible, en 2023, nous dirigerons cette aide vers ceux qui en ont le plus besoin.”
Comment la nationalisation d’EDF va-t-elle aider le pays à faire face à de nouvelles crises énergétiques ?
Cela permettra de garantir durablement la souveraineté énergétique de la France, d’investir et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables et la construction des six nouveaux EPR annoncés par le Président de la République. L’enjeu immédiat pour EDF est de produire plus d’électricité dans les mois à venir et de résoudre les problèmes qui affectent notre parc nucléaire. A l’heure où le gaz risque de s’épuiser, EDF doit revenir à des niveaux de production supérieurs dans des conditions de sécurité maximales. Ce sera la responsabilité de la nouvelle direction d’EDF, qui sera élue dans les prochaines semaines.
En Angleterre, où les prix ont triplé, une campagne incite les consommateurs à ne plus payer leurs factures d’énergie. Craignez-vous un phénomène similaire en France ?
Mais en France, les prix du gaz et de l’électricité n’ont pas triplé ! Au contraire : ils étaient gelés. C’est toute la différence. Aucun pays européen n’en fait autant pour protéger ses compatriotes de la hausse des prix de l’énergie. En juillet, à la demande des représentants nationaux, nous avons encore augmenté les prestations pour les personnes qui se chauffent au mazout.
Pourtant vos oppositions condamnent la politique du chéquier : chèque énergie, chèque inflation… Autrement dit, une politique qui atténue le mal sans le guérir, tout en dégradant les finances publiques…
Qui peut nous reprocher de protéger les Français de l’inflation ? Sans doute les mêmes qui nous reprochent encore d’avoir évité l’effondrement économique et social pendant la crise du Covid. Un peu de cohérence ! L’opposition défend parfois tout et son contraire : elle demande toujours plus de dépenses, toujours plus d’économies. Tu dois savoir! Lors des débats sur le pouvoir d’achat, je me suis battu jour et nuit avec la majorité pour éviter des amendements de plusieurs milliards d’euros proposés par tous les groupes d’opposition sans exception. Au final, nous avons pu conserver notre package d’origine grâce à la solidité des membres majoritaires.
“Il y aura une nouvelle revalorisation des retraites en janvier 2023.”
L’augmentation des pensions pour l’assurance longue durée et l’âge pour faire face à l’inflation est également votée. Pour la gauche, cette revalorisation reste inférieure à l’inflation…
Les pensions ont augmenté de 1,1 % en janvier. La prochaine réévaluation devait avoir lieu en janvier 2023. Nous nous attendions à ce que cette réévaluation au 1er juillet soit de 4 %. Cette revalorisation des pensions d’ancienneté et d’âge est entrée en vigueur le 1er juillet et sera versée avec effet rétroactif à septembre. Une nouvelle mise à niveau aura lieu en janvier 2023.
C’est vrai, l’allocation de rentrée a également été augmentée de 4 %, mais Les Républicains veulent qu’elle soit mieux contrôlée et remplacée par des chèques. C’est pour ça que tu es ?
Non. Les cinq millions d’enfants qui bénéficient de cette aide en ont besoin pour retourner à l’école dans de bonnes conditions.
Dans ce contexte de crise, la promesse d’une véritable transformation de l’économie peut-elle être tenue ?
Nous l’avons commencé il y a cinq ans et nous continuerons pendant les cinq prochaines années. Nous avons fait de la France le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe, réduit les impôts, développé l’apprentissage, simplifié la vie des entrepreneurs avec la loi Pacte. Les résultats sont là : croissance de 2,5 % pour 2022, 100 000 emplois créés au deuxième trimestre, taux d’activité le plus élevé chez les 15-64 ans. Je suis convaincu que nous avons d’importantes réserves de croissance dans les biotechnologies, le quantique, l’agro-alimentaire, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs…
“Personne ne doit douter de ma totale détermination à redresser les finances publiques”
Fin juillet, le Conseil supérieur des finances publiques avait pourtant critiqué vos prévisions et votre optimisme…
Les chiffres nous donnent raison : la croissance tient le coup. Par ailleurs, personne ne doit douter de ma totale détermination à redresser les finances publiques de la France. Pour faire face à d’autres crises possibles, nous devons reconstituer nos réserves financières. L’engagement du président de la République sera respecté : ramener le déficit public sous les 3 % en 2027, commencer à réduire la dette publique à partir de 2026. Notre souveraineté en dépend.
Faut-il s’attendre à une réduction des dépenses publiques ?
Notre programme de stabilité prévoit une maîtrise des dépenses publiques au cours du quinquennat : la hausse des dépenses ne sera que de 0,6 % en moyenne par an en volume, soit le niveau le plus bas en vingt ans. Cette maîtrise passe par des réformes structurelles en vue d’atteindre le plein emploi, une croissance plus forte, mais aussi de réduire les coûts. Les parlementaires feront des propositions pour réduire les dépenses publiques à partir du projet de loi de finances 2023. Le discours de vérité n’est pas le discours d’austérité.
Est-ce compatible avec les baisses d’impôts, l’un des objectifs d’Emmanuel Macron ?
Nous poursuivons notre baisse d’impôts en supprimant la taxe cette année : cela représente une économie de 138 € par an pour 23 millions de foyers. Ceux qui sont mensualisés et ont déjà versé des acomptes seront remboursés le 6 septembre ou verront le montant des acomptes déduits du montant de taxe d’habitation dû pour 2022. Nous finaliserons également en 2023 la suppression définitive de la taxe d’habitation soit 738 euros économisés en moyenne par an. Si l’on ajoute 138 € de redevance, cela fait en moyenne près de 900 € d’impôt en moins à payer par an. Enfin, tous les titulaires d’un plan d’épargne retraite pourront débloquer 10 000 € défiscalisés sur leurs revenus bruts d’ici le 31 décembre.
Avec la fin de la taxe d’habitation, les propriétaires doivent-ils craindre une forte hausse de la taxe foncière ?
Évidemment, les baisses d’impôts d’un côté ne doivent pas être annulées par des augmentations de l’autre ! Dès septembre nous dialoguerons avec Gabriel Atal, ministre des Comptes publics, et Christophe Beschu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, en concertation étroite avec les élus. Cette discussion avec les collectivités locales est d’autant plus nécessaire que nous avons décidé de supprimer définitivement la taxe sur la valeur ajoutée des entreprises d’un seul coup du projet de loi de finances 2023. Nous devons explorer avec elles une compensation.
“Le marché immobilier reste porteur, mais je suis vigilant.” …
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