Les enquêteurs ont été choqués par “l’intensité de la souffrance de ces femmes”, prisonnières de cette secte. Ce vendredi, et après une semaine de procès, Claude Alonso, bientôt 82 ans, a été condamné à 18 ans de prison, dont la moitié de sûreté, par un jury girondin. Auparavant, le procureur général avait également requis 18 ans de prison. L’octogénaire, qui s’est présenté en fauteuil roulant, était libre depuis 2017 sous contrôle judiciaire. Son procès, prévu l’an dernier, a été reporté en raison de problèmes de santé.
L’homme était accusé d’avoir abusé de la faiblesse de cinq femmes et d’en avoir violé trois, dont sa propre fille, sur une période de 20 ans. Puis, dans la vingtaine, elle a emménagé avec son père malade en 2003. Loin d’être épargnée, elle affirme avoir été contrainte à d’innombrables relations sexuelles avec son père pendant six ans.
En 2013, un signalement de victime à la Miviludes, l’organisme anti-sectaire du ministère de l’Intérieur, a conduit à la mise en examen de ce fils d’ostréiculteur, qui avait déjà fait l’objet d’une enquête à la fin des années 1990 pour l’activité proche de Lyburn, classée sans suite. Dans l’affaire tranchée cette semaine par le tribunal de Gironde, seules sa fille et une autre victime ont porté plainte.
A la tête d’une petite communauté établie à Gujan-Mestras (Gironde), dans le bassin d’Arcachon, Claude Alonso a placé pendant dix ans plusieurs femmes sous influence sectaire. L’homme se rêvait en tant que seigneur de l’Olympe, obligeant ses partisans à l’appeler Zeus ou à s’incliner à ses pieds.
Boire un mélange de vin, de Lexomil, de sperme et de sang de leur cycle menstruel
Dans l’entresol de la maison principale, l’accusé avait recréé un temple bâclé à sa gloire, avec trône, sceptre, boule de cristal et portraits à son effigie. Chaque soir, il prêchait la parole divine entre mythologie, ufologie et autres croyances ésotériques.
Avant, il imposait le “travail du sexe” à ses followers, destiné à lui procurer un orgasme “parfait” qui le dynamiserait et “sauverait l’humanité”. Des modes révélant l’influence exercée par ce prétendu gourou sur ses ouailles, que les juges soupçonnaient qu’il manipulait pour assouvir ses pulsions sexuelles et, entre autres, les priver de leurs revenus.
A ses adeptes – des femmes au passé traumatique d’inceste, d’alcoolisme ou de prostitution – il imposait un “travail” à faire sous peine… En effet, les relations sexuelles et la poursuite d’un “orgasme parfait” visaient à recharger Zeus en énergie pour sauver l’humanité en évitant l’apocalypse.
Pour convaincre ses victimes, Claude Alonso utilise des événements comme l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull ou l’accident nucléaire de Fukushima, preuve selon lui qu’ils ne sont pas assez investis… L’un d’eux, véritable exutoire sexuel, en plus, vous êtes obligé de porter des jupes, pour satisfaire instantanément chaque impulsion du seigneur de la maison. Détail horrible : pour asservir davantage ces femmes, le gourou leur fait boire une “boisson sainte” contenue dans de grandes jarres, du nectar à base de vin rouge, de Lexomil… Sperme et menstruations des femmes de la communauté.
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