Un avion de Turkish Airlines décolle de l’aéroport d’Istanbul en avril 2019. LEFTERS PITARAKIS/AP
Éviter la “mobilisation partielle” décrétée par Vladimir Poutine est une urgence pour de nombreux hommes russes qui, seuls ou en famille, avec ou sans bagages, arrivent par milliers ces jours-ci dans les aéroports turcs, l’une des rares destinations étrangères avec La Serbie, la Géorgie et l’Arménie, qui restent ouvertes aux voyageurs russes sans obligation de visa.
À l’aéroport d’Istanbul, du côté européen du Bosphore, le vendredi 23 septembre, les passagers du vol 414 de Turkish Airlines en provenance de Moscou semblent tendus. Les visages sont fermés, les langues ne se dénouent pas facilement. “Tourisme”, répond succinctement un jeune homme en casquette lorsqu’on lui demande si sa venue en Turquie est liée à l’annonce de la mobilisation. “J’avais acheté mon billet avant l’annonce, je me doutais qu’il allait venir”, avoue un autre passager. Derrière lui, un homme et son fils adolescent refusent d’échanger un mot. “Nous nous moquons de vos questions…”
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Dans la file des taxis, un homme et une femme d’une trentaine d’années tapent frénétiquement sur leur téléphone portable. « Mon frère doit monter dans un avion, combien de fois dois-je le prévenir ! Partir bientôt ne sera plus possible, ils fermeront les frontières”, s’exclame l’homme dans un russe soul. Depuis le discours de Poutine annonçant la mobilisation mercredi, Istanbul est devenue la porte de sortie préférée de milliers de Russes, surtout des hommes, pris dans une guerre qu’ils ne voulaient pas voir sortir.
Vols pris
Comparés à ces compatriotes arrivés en février ou mars, c’est-à-dire au tout début de l’invasion russe, qui étaient pour la plupart des opposants déclarés au régime de Poutine, les nouveaux venus sont plus timides, voire moins politisés. Matériellement, ils sont mieux lotis. Actuellement, il faut dépenser une petite fortune, l’équivalent en roubles de 4 000 à 9 000 dollars, pour acheter un aller simple de Moscou à Istanbul. Les vols sont pris d’assaut, les avions sont pleins ; trouver une place avant fin septembre semble un pari impossible.
Selon le service de presse de la compagnie nationale, Turkish Airlines n’envisage pas d’ajouter de nouveaux vols à sa liste déjà bien fournie, puisqu’Ankara n’applique pas les sanctions occidentales contre Moscou. Desservant uniquement la Fédération de Russie, Turkish Airlines, Pegasus et Anadolu Jet assurent entre 85 et 120 vols par jour. La route Moscou-Istanbul est la mieux desservie, avec 53 vols quotidiens proposés par toutes les compagnies aériennes.
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