Des dizaines de milliers de Québécois pourraient être plongés dans le noir encore quelques jours en raison de la tempête de samedi dernier
Posté à 17h00
Presse Vincent Larin
Les centaines d’arbres tombés sur les lignes électriques du chemin du Lac-Rossignol dans les Laurentides laissent peu d’illusion à ses résidents, qui s’attendent à attendre longtemps avant d’être rebranchés.
Mardi, lors du passage de La Presse, le bruit des génératrices et des tronçonneuses était omniprésent. Heureusement, un bon samaritain avait dégagé la route à travers les arbres tombés avec son tracteur jusqu’à la résidence de Pascal Bonneville et Annie Labelle, sinon ils étaient complètement coupés du monde.
PHOTO ROBERT SKINER, PRESSE
Annie Labelle sur son terrain à Saint-Fostin-Lac-Carré
“Ça faisait longtemps, il y avait tellement de fils qui tombaient dans les arbres, je n’osais pas sortir”, raconte cette mère de trois enfants de 2, 5 et 7 ans, qui était le seul couple à la maison la nuit. de la tempête. Heureusement, comme de nombreux habitants, Bonneville-Labelle dispose d’une génératrice pour alimenter son réfrigérateur et peut se rendre dans sa famille pour prendre une douche et de l’eau.
Mario LeBlanc a ensuite brûlé plusieurs branches prélevées sur un énorme tas de branches ramassées un peu partout sur son terrain. “On est dans le vide, ça va vraiment être long”, lâche en soupirant l’homme, qui habite le quartier depuis 18 ans.
Avec de nombreux arbres enchevêtrés dans des fils électriques gisant toujours au sol devant leurs résidences, ils s’attendent à se retrouver sans électricité encore plusieurs jours, une situation similaire à celle de dizaines de milliers d’autres ménages, selon Hydro-Québec. .
PHOTO ROBERT SKINER, PRESSE
Plusieurs arbres sont tombés sur la propriété de Mario LeBlanc.
Mardi après-midi, la plupart des pannes se sont produites dans les Laurentides, où environ 65 000 abonnés étaient toujours sans électricité, selon le dernier bilan disponible. S’ils ont causé des dommages importants au réseau électrique, les vents violents ne semblaient pas causer de blessés, selon un rapport du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Saint-Laurent.
“Trois blessés ont été soignés aux urgences de l’hôpital Lavrentiy entre 18h00 et 23h00 le soir de la tempête, deux blessés légers et une fracture. Nous n’avons enregistré aucun décès ni aucun consommateur blessé lors des événements météorologiques de samedi pour toutes nos urgences », a déclaré Dominique Gauthier, agente d’information du CISSS.
PHOTO ROBERT SKINER, PRESSE
Pascal Bonneville en route vers Lac-Rossignol
Seuls les “dommages graves”
Mardi, Hydro-Québec visait à rebrancher 95 % des foyers sans électricité après les vents violents de samedi dernier, qui ont coulé dans le noir jusqu’à 554 000 foyers en pleine tempête.
Mais alors qu’environ 1 400 travailleurs répartis dans 700 équipes se déplaçaient des zones les plus critiques vers les plus éloignées, leur progression a ralenti.
Les régions les plus touchées demeurent les Laurentides, Lanaudière et l’Outaouais. Les principaux défis restent le rétablissement d’un service client qui n’est pas encore opérationnel. Plus d’un tiers des pannes restantes affectent moins de cinq clients à la fois.
Extrait d’un communiqué de presse d’Hydro-Québec
“Nous avons alors simplement remarqué que les chiffres étaient en baisse. Nous basons nos prévisions sur ce que nous avons vécu dans d’autres événements majeurs, avec des dégâts plus faciles à réparer et d’autres plus difficiles, et là, en ce moment, nous sommes confrontés, très, très, presque uniquement, face à graves dommages », a déclaré une porte-parole de la société d’État Caroline Derosiers.
“Nous avons de nombreux accidents qui touchent un très petit nombre de personnes, et ce sont ces personnes qui seront malheureusement les dernières à guérir, des cas isolés et difficiles d’accès”, a-t-elle ajouté.
Des initiatives s’organisent
Pendant ce temps, les municipalités s’organisent pour venir en aide à leurs habitants. Au Mont Blanc, environ 1.600 résidences ont été privées d’eau faute d’électricité pour alimenter des puits artésiens, selon le maire Jean-Simon Lever.
En plus de fournir de l’eau pour le remplissage des carafes, la ville offre l’accès à des prises électriques sur le parking attenant à la mairie. Cet après-midi-là, ils étaient accaparés par les téléphones portables et les tablettes minces.
PHOTO ROBERT SKINER, PRESSE
Jean-Simon Lever, maire du Mont Blanc, discute avec un citoyen.
L’eau est essentielle, et pour ce qui est de la nourriture, s’ils ne peuvent pas garder ce qu’ils ont, les commerçants locaux sont très gentils et se sont quand même ouverts, même sans électricité.
Jean-Simon Lever, Maire du Mont-Blanc
“Il est certain que nous devrons offrir le service pour [prochaine] week-end », a-t-il ajouté, comprenant la situation dans la région.
À Mont-Tremblant, la Ville a offert à ses citoyens l’accès aux installations du Complexe aqueux municipal. Il est venu prendre une douche, et Matthew Lincez s’attendait à revenir plusieurs fois cette semaine, alors qu’il n’y avait toujours pas d’électricité.
PHOTO ROBERT SKINER, PRESSE
Matthew Lincez a pris une douche au Complexe aquatique de Mont-Tremblant.
D’un point de vue pratique, le père de famille pourra également y amener ses enfants cette semaine, car ils sont en congé forcé et leur école est privée d’électricité à cause d’un arbre tombé sur les fils.
En savoir plus
-
82% des 554.000 clients sans électricité en pleine tempête samedi, dont le courant a été rétabli mardi soir.
source : Hydro-Québec
Add Comment