Yoland est décédé le 21 août 2020, après avoir appelé le Samu alors qu’il se plaignait de fortes douleurs à la poitrine. Sa fille a porté plainte contre le Samu, pour lequel elle est impliquée.
Le 21 août 2020, Yolanda, 65 ans, s’est plainte de douleurs à la poitrine. Après de brefs examens à l’hôpital, elle a été renvoyée chez elle. Mais sa santé se détériore et elle appelle le Samu.
Les centraux téléphoniques gèlent. “Je n’ai plus mal”, entend-on dire Yoland à l’adjoint réglementaire dans l’enregistrement de l’échange que BFMTV a pu consulter. Elle étouffe et se plaint, mais son interlocuteur est agacé. “On va se calmer”, lui dit-elle.
“Merde, parle au téléphone”
L’appel est transféré au médecin du Samu. Mais il est aussi impatient et méprisant envers le patient. “Tu dois te calmer, tu n’as pas 36 000 médicaments à prendre…” lui dit-il.
Après quelques minutes de discussion, Yoland a du mal à s’exprimer à cause de la douleur. Le médecin est en colère jusqu’à l’insulte. “Si vous ne parlez pas au téléphone, on ne s’entend pas. (…) Mais bon sang, mais parlez au téléphone”, entend-on dans l’échange. Yoland est décédé une heure après son appel au Samu en Seine et Marne, le 21 août 2020. © BFMTV
Ensuite, le praticien semble sous-estimer le danger. Il lui envoie une ambulance. Mais lorsqu’elle arrive une heure plus tard, il est trop tard. Yoland est mort chez lui.
“Elle ne méritait pas de mourir comme un chien sur le sol de la cuisine”, dit Laura avec colère.
Pour elle, sa mère donne tous les signaux du danger auquel elle va échapper. “Dans toute sa douleur, elle a donné des clés pour que ce médecin puisse diagnostiquer une crise cardiaque. Ce médecin n’a pas pris la bonne décision.”
“Manque d’humanité”
“L’ambulance est arrivée discrètement, je ne pense pas que le médecin ait pris le cas de ma mère au sérieux”, a-t-elle déclaré.
Laura se demande comment un tel drame a pu arriver à sa mère : “Pourquoi n’a-t-elle pas cru ma mère ? C’est un malentendu. Il y a un manque d’humanité chez certains médecins.”
Une enquête préliminaire a été ouverte
Les deux sœurs ont porté plainte le 21 octobre 2021, pour homicide involontaire et non-assistance, contre le Samu de Seine-et-Marne et le Grand Hôpital de l’Est Paris. Une enquête préliminaire a été ouverte en mars.
De son côté, le Samu, le directeur du service, a reconnu “l’agacement injustifié” du régulateur, mais a précisé que “la continuité des soins n’était pas affectée”.
Narcisse Hadji, Valentin Piovesan, Pierre Barben et Pauline Buten
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