Frederic Michel, à Londres, le 24 mai 2012. PETER MACDIARMID / GETTY IMAGES VIA AFP
Emmanuel Macron entend bien marquer l’histoire de son empreinte. Se démarquer parmi les présidents de la Ve République, comme l’avaient fait avant lui le général de Gaulle et François Mitterrand, ses références. Alors que son deuxième et dernier mandat commence à peine et que ses successeurs sont déjà pressés, le locataire de l’Elysée doit clarifier ce qu’est réellement le macronisme, doctrine politique insaisissable. Frédéric Michel, 50 ans, aura la lourde tâche d’aider le chef de l’Etat dans ce plan.
Le nommé conseiller spécial pour la communication et la stratégie à l’Elysée, natif de Poitiers avec une carrière internationale principalement dédiée à la promotion de la social-démocratie en Europe, prendra ses fonctions le lundi 12 septembre. Il succède à Clément Leonardouzi, qui a quitté Publicis au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, et à Kittery Lemasson, qui a pris l’intérim et annoncé sa volonté de rejoindre le secteur privé.
Parfois qualifié de “lobbyiste” ou de “spin doctor”, à l’américaine, Frédéric Michel, ancien de News Corp, le groupe média de l’Australien Rupert Murdoch, n’est pas tout à fait “l’environnement”. Celle de la politique franco-française, bien sûr. Fils d’un professeur d’université en économie, d’un père socialiste militant et d’une mère professeur de langues dans le secondaire, diplômé de Sciences Po Bordeaux, de l’Institut universitaire européen de Florence et de la London School of Economics de Londres, il a passé l’essentiel de sa vie carrière en plan international. Selon l’un de ses proches, il aurait accepté de retourner sur le sol français pour servir le président, poussé par une sorte de « patriotisme » qu’il n’a pu refuser une telle offre.
Peau épaissie par les crises
L’homme de 50 ans, qui travaillait auparavant depuis New York en tant qu’associé du fonds d’investissement Lupa Systems, dirigé par le fils de Rupert, James Murdoch, rédige les premières lignes de son CV au Royaume-Uni. Il s’y est mis au service du Premier ministre britannique Tony Blair pour promouvoir la “troisième voie” et la social-démocratie modernisée en Europe à travers le think tank Policy Network.
De l’étranger, naviguant de Londres à Milan, Frédéric Michel suit de près la politique française et entretient une relation qu’il qualifie d'”émotionnelle” avec le Parti socialiste. Il a coédité Ma vision de l’Europe et de la mondialisation de Lionel Jospin (Plon, 2001), collaboré un temps avec Dominique Strauss-Kahn avant que ce dernier ne soit mêlé aux scandales entourant sa vie personnelle, et se passionne, comme Poitevin, pour la campagne de Segolen Royal lors des élections régionales de 2004. Mais sa vision d’une gauche plus européenne et internationale, plus moderne, pragmatique et libérale, le rapproche aujourd’hui idéologiquement du chef de l’Etat.
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