France

jusqu’à douze ans de prison pour avoir « blanchi » le meurtre d’une prostituée

Au tribunal de Paris en 2019, Eric Fefferberg / AFP

Des peines allant jusqu’à 12 ans de prison ont été prononcées vendredi soir par un tribunal correctionnel de Paris lors du procès de “nettoyage” du meurtre d’une prostituée sur ordre de son “patron”, lui-même mort dans l’incendie pour couvrir le crime.

La peine la plus lourde a été prononcée contre Murad B., 29 ans, que des témoins ont vu s’enfuir, grièvement brûlé après l’explosion qui a soufflé tout un étage d’un immeuble paisible de la rue Fondari dans le 15e arrondissement de Paris, le 3 août 2016. Au cours de la Intervention, les pompiers ont retrouvé le corps calciné de Maria Paz Gallardo Gonzalez, une Espagnole de 26 ans.

L’enquête a révélé qu’après une dispute avec l’une de ses prostituées, qui l’avait menacée de signaler de l’argent à la police, Mme Gallardo Gonzalez avait proposé 20 000 euros à son petit ami occasionnel Moncef D. pour “se débarrasser” de la jeune femme. Moncef D. et son ami Camel Z. décident de faire semblant d’avoir tué la jeune fille – qu’ils comptent libérer – et de récupérer leur argent. Mais à leur retour à l’appartement, le proxénète avait déjà tué Alixon Juliette Ortega Cano, une Colombienne de 26 ans, d’une trentaine de coups de couteau.

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Le “pur” condamné

Les deux hommes ont pris peur et ont quitté les lieux. L’Espagnol propose 20 000 euros, cette fois pour le “nettoyage”. Une nouvelle opération se prépare avec Murad B. et trois autres complices. Les “nettoyeurs” tentent d’effacer les traces de sang, mais le tueur décide d’incendier l’appartement. Puis vint l’explosion qui tua sur le coup la jeune femme et blessa grièvement Murad B.

Ce dernier a été reconnu coupable de l’incendie qui a causé la mort de Maria Gallardo Gonzalez et a été reconnu coupable, comme d’autres “nettoyeurs”, d’avoir transporté le corps et d’avoir omis de signaler le crime. Les autres ont été condamnés à deux ans, dont un sévère, à trois ans de prison pour recel de corps ou prématurité. Le huitième homme, jugé pour avoir aidé Murad B. à s’évader, a été condamné à quatre mois de probation.

La sanction pour avoir caché un cadavre après un meurtre n’est “pas très importante, mais ce crime dit quelque chose sur vous”, peut-être “le mépris” du corps humain, a déclaré le président Dominique Legrand. Une autre prostituée, Leniska S., qui se trouvait dans l’appartement avec “Madame” lorsque cette dernière a tué Alison Ortega Kano, a été acquittée de complicité dans le meurtre et condamnée à deux ans de prison, dont six mois avec sursis pour non-déclaration du crime . “Nous sommes soulagés que son innocence, qu’elle clame depuis plus de cinq ans, soit enfin reconnue”, ont déclaré ses avocats, Margo Pulise et Clémence Witt.

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Le monde avec l’AFP