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La Banque du Canada pourrait augmenter son taux d’intérêt de base à 3,0 %

Nous croyons certainement qu’il faut aller dans le haut de la fourchette de 2 à 3 %, a déclaré le sous-gouverneur de la Banque du Canada Paul Baudry à la Zone économique. La banque estime son taux neutre entre 2 et 3%. Le taux d’intérêt actuel est de 1,5 % après avoir augmenté de 50 points de base mercredi.

Pour y parvenir rapidement, la banque centrale n’exclut pas de relever son taux directeur de 75 points de base en juillet. C’est possible, dit Paul Baudrillard.

Ce n’est pas quelque chose que nous avons décidé de faire, mais nous y réfléchirons si nécessaire. Là encore, cela dépend dans une certaine mesure de l’évolution de l’économie. Si on voit vraiment que l’inflation continue d’augmenter, si on continue de voir cette surchauffe de l’économie, on peut y penser. […] Nous voulons avoir toutes ces opportunités, pour que les gens comprennent que ce sont des opportunités qui peuvent se concrétiser en fonction du développement économique au Canada.

La prochaine décision de la Banque du Canada est prévue pour le 13 juillet.

Face à la hausse de l’inflation, la Banque du Canada pourrait de nouveau doubler le taux directeur et le réduire à 3 % d’ici la fin de l’année. L’institution reconnaît avoir sous-estimé l’inflation et commis des erreurs. Entrevue avec Paul Baudry, sous-gouverneur de la Banque du Canada.

Des erreurs ont été commises

Alors que l’inflation a constamment dépassé ses prévisions au cours de la dernière année, la Banque du Canada admet maintenant avoir commis des erreurs dans son évaluation du coût de la vie. Dans son allocution, Paul Baudrillard a indiqué que l’institution présenterait une première analyse des erreurs que nous avons commises dans nos prévisions d’inflation pour juillet.

“Nous reconnaissons certainement que nous avons commis des erreurs”, a déclaré Paul Baudry à la Zone économique. Il est vraiment très difficile de prévoir l’inflation. Une grande partie de l’inflation est dominée par le prix du pétrole, le prix de certains aliments, les prix des biens. Ce sont toutes des choses très difficiles à prévoir. […] Nous essayons déjà d’apprendre de nos erreurs.

Il a identifié trois raisons expliquant la piètre cote de la Banque du Canada. Premièrement, la banque s’attendait à ce que les ruptures d’approvisionnement d’origine externe soient temporaires, comme c’est souvent le cas. Ensuite, pendant la majeure partie de 2021, l’économie tourne plus lentement que sa capacité potentielle. La banque s’est alors inquiétée de l’impact du resserrement prématuré sur les personnes ayant perdu leur emploi pendant la pandémie. Les règles sanitaires et économiques étant encore partiellement en vigueur, Paul Baudrillard a estimé qu’il était difficile de faire évoluer la politique monétaire.

“Le risque que nous gérons était qu’une inflation élevée affecte les attentes et s’enracine si elle dure plus longtemps que prévu. À l’époque, il semblait prudent de prendre ce risque, étant donné qu’il existait un excédent de capacité dans l’économie et que l’on pensait que les sources de forte inflation du côté de l’offre étaient susceptibles d’être temporaires. »

– Citation de Paul Baudry, sous-gouverneur de la Banque du Canada

Aujourd’hui, la demande est jugée excessive. Et les approvisionnements restent perturbés par les problèmes de chaîne d’approvisionnement, la guerre et les prisons. Par conséquent, le risque que les anticipations d’inflation restent instables et qu’une inflation élevée persiste est désormais plus grand. Et c’est là que la banque dit qu’elle doit agir avec fermeté. Nous ne laisserons pas cette forte inflation s’enraciner, a déclaré Paul Baudrillard.

L’inflation prend racine lorsqu’elle se nourrit d’elle-même. Les prix augmentent parce que d’autres prix augmentent et parce que le prix du travail augmente. Ce prix augmente parce que les travailleurs veulent pouvoir payer des prix plus élevés pour les biens et services. Des forces externes constantes, telles que des ruptures d’approvisionnement ou une demande stable, ne sont pas nécessaires pour alimenter ce type d’inflation. Il commence à augmenter pratiquement tout seul, en grande partie parce que les gens s’attendent à ce qu’il reste élevé ou continue d’augmenter.

Paul Baudry rappelle que la Banque du Canada est intervenue en masse pour soutenir l’économie durant la pandémie en achetant des obligations gouvernementales. Le bilan de la banque a atteint 575 milliards de dollars en 2021. Il est désormais à 465 milliards de dollars et l’institution s’attend à atteindre environ 280 milliards de dollars d’ici fin 2023.