L’ancienne numéro deux de Meta, Cheryl Sandberg, au Forum économique de Davos en janvier 2017 FABRICE COFFRINI / AFP
“Je quitterai Meta dans quatorze ans”, a déclaré Cheryl Sandberg, directrice des opérations du géant américain des médias sociaux, sur Facebook mercredi 1er juin, mais elle restera au conseil d’administration.
Elle a assuré que ces années, aux côtés de Mark Zuckerberg, le patron et fondateur de l’entreprise, étaient “un honneur et un privilège d’une vie”, alors que le groupe californien a été largement critiqué par les politiciens et le public. la société civile pour son modèle économique.
“C’est la fin d’une époque. (…) Travailler avec vous tous les jours me manquera, mais je suis heureux de vous compter parmi mes amis pour la vie. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi et ma famille, pour notre entreprise et pour des millions de personnes dans le monde. Vous êtes une star”, a déclaré M. Zuckerberg dans un commentaire.
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Meta a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que Xavi Olivan serait le nouveau directeur des opérations, mais Zuckerberg a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de remplacer le poste de Cheryl Sandberg pour le moment. “Je pense que Meta a atteint un point où il est logique que notre produit et nos différentes activités soient plus intégrés les uns aux autres”, a-t-il déclaré.
La femme la plus puissante de la technologie
Cheryl Sandberg est une figure de proue de la Silicon Valley et est souvent décrite dans la presse comme la femme la plus influente de la “technologie”. Braconnée en 2008 par Google comme une étoile montante du secteur, elle est devenue une star.
Mark Zuckerberg a construit une relation personnelle avec elle en tant que véritable “numéro deux”. Et il lui délègue les tâches qu’il n’aime pas, notamment le développement de la publicité, que Mme Sandberg a structuré chez Google.
En difficulté et sans modèle économique, à son arrivée, Facebook est devenu une puissante machine publicitaire, parvenant à se transformer en média mobile. Mme Sandberg a également contribué, en supervisant les activités de communication et de relations publiques, à faire de Facebook une entreprise leader en entretenant de bonnes relations avec l’administration de Barack Obama.
Son nom est associé à plusieurs scandales
Mais depuis, l’étoile de Cheryl Sandberg s’est peu à peu estompée. Son nom est associé aux nombreux scandales et polémiques auxquels le leader mondial a dû faire face sur les réseaux sociaux. Comme dans l’affaire Cambridge Analytica, dans laquelle en 2018 des millions de comptes Facebook américains ont été illégalement restaurés par un fournisseur de la campagne numérique de Donald Trump.
Ou des accusations accusant Facebook de complicité dans les violences contre la minorité musulmane Rohingya de Birmanie, ce qui a permis aux messages de haine de prospérer. Ou encore la diffusion fin 2020 par le lanceur d’alerte Francis Haugen de documents internes mettant notamment en lumière les lacunes des systèmes de modération des réseaux sociaux hors des États-Unis. “Le débat sur les réseaux sociaux a tellement changé depuis sa création qu’il est devenu méconnaissable. Dire que cela n’a pas toujours été facile est un euphémisme », a écrit mercredi Mme Sandberg dans un post sur Facebook.
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Depuis trois ans, et plus encore ces derniers mois, Mme Sandberg est moins connue, notamment dans les médias. Après être devenu le centre d’une entreprise sujette à de nombreuses plaintes et factures, le domaine des affaires publiques et des relations gouvernementales est progressivement repris par Nick Clegg. L’ancien vice-Premier ministre britannique a également été promu “président en charge des affaires mondiales” en février.
Départ prévu à l’automne
Mark Zuckerberg a aussi regagné plus d’espace au sein du gouvernement : il a lui-même affronté des auditions parlementaires hostiles et certaines relations avec des chefs d’Etat avant de décider récemment de miser personnellement sur le “métaverse” et ses univers virtuels.
Depuis quelques mois cependant, l’entreprise connaît des difficultés dans son cœur de métier, dues notamment au changement d’Apple, qui limite le suivi des publicités entre les applications mobiles. A la parade, l’entreprise cherche à développer le commerce et les achats dans ses réseaux, dont WhatsApp, dont les revenus sont très faibles. Mme Sandberg était chargée de superviser les réponses à ces défis pour Meta.
Elle prendra sa retraite à l’automne, mais restera membre du conseil d’administration de Facebook. Elle a annoncé qu’elle se marierait cet été – son mari Dave Goldberg est décédé accidentellement en 2015 – et passera plus de temps avec son association Lean In, fondée après avoir écrit un livre du même nom sur la place des femmes dans les affaires et la société. L’annonce n’est pas une grosse surprise, mais elle a été vue sur les marchés comme une mauvaise nouvelle pour Meta, dont les derniers résultats n’étaient pas bons : son titre a perdu 2,50% mercredi.
Le monde avec l’AFP
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