Nupes a quatre partis, mais combien y aura-t-il de groupes parlementaires ? Si le projet originel de la Nouvelle Union Écologique et Sociale Populaire a toujours consisté à doter, après les élections législatives, un groupe pour chacun des partis qui la composent (La France insoumise, Europe Écologie-Les Verts, Parti socialiste et Parti communiste ), Jean-Luc Mélenchon a suggéré lundi 20 juin que tous les députés élus sous l’étiquette de gauche de l’Alliance forment le même groupe parlementaire.
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La raison de ce changement de poste ? “Le perdant, M. Macron, s’est lancé dans une opération de campagne conjointe qui nous laisse très inquiets”, a-t-il déclaré aux journalistes, citant les récentes déclarations de Marc Fesno et Olivia Gregoire, deux ministres du gouvernement Bourne. Pour Jean-Luc Mélenchon, “ils sont prêts à installer le Front national à la commission des finances”. La présidence de cette importante commission de l’assemblée revient traditionnellement à l’opposition. Or, à ce stade, si l’on répartit les députés du Nupes entre les quatre partis qui le composent, le Rassemblement national Marine Le Pen compte le plus grand nombre d’élus.
“La gauche est au pluriel”
Pour Jean-Luc Mélenchon, cette idée de groupe à gauche est “un élément de clarté dans le chaos qui s’annonce. Ce n’est pas un ordre, mais une proposition », a-t-il assuré. “Cela n’empêche aucun pays d’avoir une délégation. Mais nous déclarons symboliquement et politiquement le Nupes comme groupe politique à l’Assemblée nationale », a-t-il ajouté. “Je ne propose pas de fusion, il y a différentes identités, mais il faut être en tenue de combat et pour cela il faut qu’il y ait un seul groupe dans l’assemblée”, a déclaré M. Mélenchon.
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Peu après cette déclaration, les trois partenaires de La France insoumise ont rejeté une telle hypothèse. Le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste français ont rappelé à l’Agence France-Presse que l’accord de coalition signé début mai prévoyait des groupes séparés.
“Ça n’a jamais été un groupe. Il y aura un groupe socialiste à l’Assemblée nationale », a déclaré Pierre Jouvet, porte-parole du PS. Auparavant, le président du Groupe socialiste et leurs alliés, Valeri Rabo, avaient fermé la porte à une telle hypothèse. “La gauche est au pluriel, elle est représentée dans sa diversité à l’Assemblée nationale. C’est une force au service des Français. La demande de suppression de cette mixité est une erreur et je m’y oppose”, a tweeté le député du Tarn-et-Garonne.
“Quatre groupes sont plus forts qu’un”
“Il n’est pas question de fusionner en un seul groupe”, a déclaré le porte-parole d’EELV, Alain Coulombel. Le chef du parti Julien Bayou s’est voulu diplomate, mais il a déclaré : “Nous sommes complémentaires et nos forces seront plus efficaces à l’Assemblée nationale si nous existons grâce à quatre groupes et non un seul. »
“Je me demande quel est l’intérêt d’un même groupe qui efface la sensibilité et la richesse des uns et des autres”, renchérit André Chasein, député du Puy de Dom et poids lourd du PCF. D’ailleurs, quatre groupes à l’Assemblée seront plus forts qu’un : la gauche aura plus de temps de parole et plus de droits de retrait – commissions d’enquête, niches parlementaires…” “Nous sommes pour un intergroupe, mais pas un commun un. groupe », a déclaré un autre ami proche du dirigeant communiste Fabien Russell.
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Au nom des “rebelles”, Matild Pano, l’actuel président du groupe parlementaire LFI, réélu dimanche, a défendu la proposition de M. Mélenchon, appelant à “trouver collectivement les conditions” de sa mise en oeuvre. “Je suis favorable à la présidence tournante et au maintien des délégations des formations politiques”, a-t-elle écrit sur Twitter.
A l’Assemblée nationale, Raquel Garrido, élue dimanche face au chef de file de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) Jean-Christophe Lagarde, a également soutenu l’idée du leader. “L’assemblée est un lieu d’échange et c’est notre façon de travailler à Nupes”, a-t-elle expliqué, estimant qu'”il va falloir l’appliquer en permanence”.
Le monde avec l’AFP
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