Un photographe proteste car certaines de ses photos ne sont pas publiées dans le journal municipal. L’opposition parle de « censure », la mairie déclare que la commande faite au photographe n’a pas été respectée.
“J’ai été horrifié, choqué par le traitement photographique de cet événement”, écrivait Michel Le Moine sur Facebook fin avril après avoir publié certaines de ses photos dans le journal municipal du Blanc-Menil (Saint-Saint-Denis). Le Blanc-Mesniloa. Le photographe a retracé la chasse aux œufs de Pâques organisée par la ville le 22 avril, et la sélection de ses clichés dans le journal “ne reflète pas du tout mon travail”, écrit-il.
Ce message est marqué par Le Parisienest accompagné de photos de cette chasse aux œufs, dans laquelle on peut voir de nombreux enfants se déplacer dans le parc, équipés pour l’occasion de décorations du conte de fées Alice au pays des merveilles.
Dans son journal, la mairie n’a sélectionné que sept photos pour sa page recto-verso (pages 8 et 9), dont quatre du photographe – deux photos du décor et deux d’enfants dans le parc. Les trois autres proviennent d’une banque d’images et représentent des enfants avec des œufs.
Accusations de censure
Vijay Monani, le chef de cabinet du maire, qui s’est entretenu avec Eric Zemor pendant la campagne présidentielle, se démarque.
“En regardant la double photo sur la page du journal de la ville liée à cet événement, M. Monani [directeur de cabinet du maire du Blanc-Mesnil] annoncé mon rapport comme “zéro” et confirmé “d’autres clichés”, précise le photographe.
Cette publication a été suivie de déclarations de l’opposition, qui a parlé de « censure » et pointé le retrait volontaire de certains enfants. Sur les photos postées par le photographe sur Facebook, on voit beaucoup d’enfants de la diversité et un peu moins de ceux sélectionnés dans le journal.
“Regarder des photos censurées démontre le caractère national populiste d’extrême droite de cette censure”, indique un communiqué de l’antenne locale de Génération.s. Alain Ramos, membre du comité Génération.s du Blanc-Mesnil, s’est exprimé sur BFMTV.com sur un “geste délibéré” de la mairie et a affirmé que le journal avait censuré du contenu à plusieurs reprises, notamment avec des membres de l’opposition derrière.
“Evidemment, M. Monani ne veut pas véhiculer l’image d’une ville multiculturelle”, a déclaré Didier Minho (PCF), ancien maire de Paris.
allusions “grotesques”
Demandé par Le ParisienVijay Monani parle d’insinuations “grotesques, manipulatrices et scandaleuses”, de “polémiques absurdes” et d'”appropriation politique”. “Je vous invite à regarder les photos du reste du magazine et des numéros précédents pour vous faire une idée”, a-t-il déclaré.
Il explique que si les photos de Michel Le Moine n’ont pas été choisies comme il les souhaitait, c’est parce qu’il n’a pas suivi les consignes qui lui ont été données : « il a été convenu d’insister sur le décor » ou « les photos proposées étaient très belles, mais ne correspondait pas à la commande.”
“Crier la censure, c’est de la folie !” il est offensé.
Dans les photos, finalement sélectionnées par la mairie, on retrouve essentiellement des photos du décor du parc ce jour-là, notamment en première page du journal. En revanche, une vidéo de cinq minutes diffusée par la mairie après l’événement montre clairement tous les enfants, dans leur diversité, à la recherche d’œufs ce jour-là.
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV
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