France

L’ancien préfet rwandais Laurent Busibaruta a été condamné à 20 ans de prison

Publié le : 07/12/2022 – 21:07 Modifié le : 07/12/2022 – 21:48

Plus de 28 ans après l’extermination des Tutsi au Rwanda, l’ancien préfet du Rwanda a été condamné mardi 12 juillet par un tribunal de Paris à vingt ans de prison pour complicité de génocide.

Laurent Busibarutta, 78 ans, qui a comparu libre, a quitté la salle d’audience, escorté de gendarmes, appuyé sur sa canne. Avant cela, il a eu le temps de discuter avec ses avocats et un proche sur le banc. Derrière lui on entendait les sanglots de ses partisans, rapporte l’envoyée spéciale du tribunal à Paris, Amélie Thulé.

L’ancien haut responsable a été reconnu coupable de « complice de génocide » et de « complice de crimes contre l’humanité ». Ces allégations concernent les tueries qui ont eu lieu à l’école technique de Murambi, la paroisse de Cyanika, la paroisse de Kaduha, l’école Marie-Merci, notamment, ainsi que des barrages routiers dans la province de Gikongoro où il était préfet. Les procureurs ont demandé vendredi une peine d’emprisonnement à perpétuité.

Toutefois, Laurent Busibarutha a été acquitté des charges de génocide et de crimes contre l’humanité en tant qu’auteur, notamment pour les actes commis à la prison de Gikongoro et à la paroisse de Kibeho. Pour ce dernier massacre, survenu au début du génocide, le tribunal a estimé qu’il manquait d’informations sur le niveau de connaissance de l’ampleur du projet génocidaire à l’époque.

Une grande déception pour les parties civiles car 40 000 personnes sont mortes à cet endroit. Mais “ce soir Laurent Busibaruta est en prison là où il aurait dû être depuis 20 ans”, a déclaré l’un d’eux.

Sa défense a plaidé lundi 11 juillet pour l’acquittement, qualifiant le tribunal de grande instance de Paris de “choix du courage”. Dans ses derniers mots aux magistrats et aux jurés avant qu’ils ne se retirent pour délibérer, l’ancien haut responsable a voulu s’adresser aux “rescapés du génocide”. “Je voudrais leur dire que je n’ai jamais eu l’idée de les abandonner aux tueurs”, a déclaré Laurent Bussibaruta, veste beige sur chemise bleu ciel, masque chirurgical sous le menton.

« Par manque de courage ? Puis-je les sauvegarder ? Ce sont des questions, voire des remords, qui me hantent depuis plus de 28 ans”, a poursuivi l’accusé, qui vit en France depuis 1997. En procès depuis le 9 mai, il a toujours contesté les charges.