(Ottawa) Les Forces armées canadiennes tirent la sonnette d’alarme quant à leurs problèmes de recrutement : elles manquent de recrues pour combler les milliers de postes vacants dans leurs rangs.
Publié à 9h26 Mis à jour à 00h11
Lee BerthiaumeLa Presse Canadienne
Le problème est si grave que l’officier supérieur chargé du recrutement et de la formation a qualifié la situation de crise.
Le général de brigade Krista Brody a déclaré que l’armée n’avait reçu qu’environ la moitié des candidatures dont elle avait besoin pour atteindre son objectif d’ajouter 5 900 nouvelles recrues à ses rangs cette année.
“Nous commencions à prendre de la vitesse lorsque la pandémie a frappé”, souligne-t-elle.
La pandémie a gravement sapé les efforts de l’armée canadienne. Les centres de recrutement et les camps d’entraînement ont dû être fermés. En conséquence, seulement 2 000 personnes se sont inscrites en 2020-21, soit moins de la moitié de ce qui était nécessaire.
L’armée a recruté près de 4 800 personnes l’an prochain après la levée des restrictions autour de la lutte contre le COVID-19.
“Le recrutement est définitivement en état de crise en ce moment”, a déclaré le général Brody.
Environ un emploi militaire sur dix n’est pas pourvu. Ce manque peut également avoir des implications pour la hiérarchie future, car moins de personnes sont disponibles pour gravir les échelons.
Les problèmes culturels dans l’armée ont entravé les efforts de l’armée. Des allégations d’inconduite sexuelle et un fossé grandissant entre la société canadienne et l’armée ont convaincu les forces armées de rechercher une plus grande diversité dans leurs rangs.
Le recrutement s’est étendu aux groupes sous-représentés, comme les femmes et les Autochtones. L’Armée souhaite également créer un milieu de travail plus inclusif, notamment en assouplissant certains codes vestimentaires, une stratégie qui commence à porter ses fruits, selon le général Brody.
Mais peu de Canadiens choisissent une carrière militaire sans savoir exactement pourquoi.
“Nous n’avons pas de bonne réponse à cette question. Il y a un grand nombre de facteurs et d’éléments qui peuvent l’expliquer », dit-elle.
Le ministère de la Défense nationale essaie de mieux comprendre ce problème et de trouver des solutions. Il compte offrir des incitatifs financiers et améliorer la conciliation travail-famille. Nous voulons aussi que l’armée soit mieux perçue auprès de la population, mentionne le général Brody.
L’officier ne peut pas dire si donner la priorité à la diversité dans le recrutement aide ou nuit aux efforts quantitatifs de l’armée. Combien de candidatures de jeunes hommes blancs ont été rejetées ?
“Nous ne pouvons pas mesurer l’impact pour le moment. C’est trop tôt, dit le général Brody. Pour être très, très, très clair, nous voulons des candidats qualifiés, et ces candidats qualifiés sont ceux qui reflètent d’abord et avant tout les valeurs des Forces armées canadiennes. »
Le premier maître de 2e classe Andrew Clark est un officier recruteur dans la région d’Ottawa. Au cours des dernières semaines, ses équipes ont visité divers événements tels qu’un congrès de bandes dessinées et Aéro Gatineau-Ottawa pour inciter les gens à s’enrôler dans les Forces armées canadiennes.
« Nous vendons les avantages d’être membre des Forces armées canadiennes », dit-il. Le régime de retraite, les assurances, la formation constante et la possibilité d’avoir une carrière intéressante qui peut vous emmener dans de nombreux endroits sur la planète et être payé pour cela. »
Les recruteurs ont des objectifs à atteindre, notamment un objectif minimum pour les femmes et un objectif maximum pour les hommes. Ils sont encouragés à embaucher des Autochtones et des membres de ce que l’armée continue d’appeler les « minorités visibles ».
“La diversité est ce que nous recherchons”, convient M. Clarke.
Cependant, le recrutement est difficile dans de nombreux endroits.
« Le recrutement diminue même dans des endroits comme Kingston où nous avons reçu beaucoup de demandes d’adhésion », déplore le major Simon Rochelleau, responsable du recrutement pour le Nord et l’Est de l’Ontario.
L’officier attribue ce déclin à de nombreux facteurs tels que l’état de l’économie, le manque d’opérations prestigieuses comme l’Afghanistan et les préoccupations concernant les inconduites sexuelles.
Add Comment