France

“le briquet” et “la catastrophe qui n’aurait jamais dû arriver”

L’accident ferroviaire de Bretagne-sur-Orge (Essonne), le 12 juillet 2013. ROMAIN DA COSTA / AFP

Les mains jointes dans la barre du tribunal correctionnel d’Evri, le joueur de 33 ans s’est tourné furtivement vers le banc des pays civils avant de prendre la parole. “Mes pensées vont à ces victimes et à leurs familles qui survivront à cette catastrophe qui n’aurait jamais dû se produire”, a-t-il dit calmement. Les visages des victimes sont ancrés dans ma tête. Pas un jour ne passe sans que je pense à cet horrible incident. »

Au troisième jour du procès de l’accident de train de Bretagne-sur-Orge (Essonne), qui avait fait sept morts en juillet 2013 et fait plusieurs centaines de blessés, le “lampadaire” – comme certains avocats du 184- ces partis civiques – s’est longuement exprimé, mercredi 27 avril, devant le tribunal.

Seule personne physique à comparaître, avec les “personnes morales” poursuivies, SNCF et SNCF Réseau, pour “homicide involontaire” et “blessures involontaires”, cet ancien cadre local encourt trois ans de prison et 45 000 € d’amende.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Catastrophe ferroviaire en Bretagne-sur-Orge : près de deux mois de période d’essai

Les juges d’instruction accusent le jeune diplômé d’une école d’ingénieurs de 24 ans de ne pas avoir “remarqué les défauts de boulons” sur le tronçon de la voie ferrée – une pièce métallique appelée “rail” – où le train Paris-Austerlitz – Limoges a déraillé à une vitesse de 137 km/h le 12 juillet 2013. Le 4 juillet 2013, huit jours avant le drame, il a effectué une “tournée de surveillance” de ce secteur, sans constater de “dégâts”.

Lire notre reportage au lendemain du drame : Article réservé à nos abonnés Accident ferroviaire en Bretagne-sur-Orge : “terrible spectacle”

Le jeune gouverneur local était en congé le jour de l’incident. Le 13 juillet 2013, au lendemain de la catastrophe, il revient sur le site “spontanément pour donner un coup de main, aider à reconstruire le réseau” et constater l’étendue des dégâts. “On se sent moralement responsables, le train déraille devant mon bureau”, avait déclaré en 2019 l’inculpé d’origine lyonnaise. Je n’étais pas là, sinon je l’aurais vu. Je n’ai pas mis autant d’engagement, de passion dans mon travail pour vivre ce genre d’événement. »

“C’est trop dur de rester zen”

Lunettes fines et chemise bleue, l’ancien cadre ferroviaire intègre la SNCF en 2011 dans le cadre d’un programme de travail et de formation avant de devenir “assistant de sécurité de production” à Juvisy (Essonne) puis, en février 2013, “Directeur de Proximité” en Bretagne sur Orges. . A la tête d’une « vingtaine » d’agents de maintenance et chargé de surveiller le « parcours des 50 km », il occupe un poste « opérationnel » très « stressant et physique ».

Il vous reste 55,84% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.