INFO LE FIGARO- Le patron de la télévision française met en garde contre la privatisation des grands événements sportifs des plateformes américaines.
C’est ce qu’a décidé lundi la direction du tournoi de Roland Garros. Elle a choisi le service Amazon Prime Video au détriment des antennes de France Télévisions pour diffuser les quarts de finale entre Rafael Nadal et Novak Djokovic. Et cette configuration n’est pas du tout du goût de Dauphin Ernot, président du groupe audiovisuel public. Selon nos informations, la dirigeante a clairement exprimé son mécontentement mardi matin lors d’un conseil d’administration auquel ont participé des représentants du parlement, du ministère du budget et de la culture. “Cette décision de la Fédération française de tennis m’a profondément choquée”, a-t-elle déclaré. C’est un très mauvais coup pour notre partenariat, alors que nous participons depuis des années à l’ouverture et à la promotion du tournoi auprès de tous les Français. Il a ajouté : “Je trouve extrêmement choquant de préférer un acteur américain comme Amazon au détriment des services publics, surtout un événement financé en tout ou en partie par l’argent public. Le contraire serait totalement impensable aux États-Unis.
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Pour éviter la polémique, alors qu’Amazon diffuse une partie des matchs de Roland Garros en payant, la Fédération française de tennis veut se calmer. Le match de ce mardi soir sera “disponible gratuitement et sans restriction en France, sur Prime Video, les applications mobiles et web”, précise-t-on dans un communiqué. En effet, si la rencontre est bien diffusée gratuitement, il faudra tout de même s’inscrire à Amazon Prime Video, en indiquant son identité ainsi que son email. « La distribution gratuite d’Amazon est un leurre : elle ne sert qu’à générer des abonnements et des données. Et c’est une vraie violation de l’égalité, alors que tous les Français n’ont pas accès à internet haut débit », s’est amusé Dolphin Ernott lors du conseil d’administration.
Pour le président de France Télévisions, la décision de la FFT vient aussi mettre un dossier important sous le feu des projecteurs. “Cet événement pose à nouveau la question de la privatisation du sport au détriment de ceux qui n’en ont pas les moyens. Il est urgent de protéger le libre accès aux grands événements, notamment pour les événements financés par des fonds publics », a-t-elle insisté. Actuellement, une vingtaine d’événements sportifs dits « grands » sont protégés de la diffusion en clair grâce à un décret de décembre 2004. % des matches de Ligue 1 – sont solidement implantés sur le marché des droits sportifs.
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