La Première ministre Elisabeth Bourne lors des 22e rencontres économiques à Aix-en-Provence (Bouche du Rhône), le 9 juillet 2022. CHRISTOPHE SIMON / AFP
Après avoir mis fin à la santé à tout prix, l’exécutif s’apprête à couper l’énergie à tout prix. Alors que les députés des différentes commissions de l’Assemblée nationale s’en prenaient cette semaine à l’examen du “paquet pouvoir d’achat”, qui mobilise plus de 20 milliards d’euros pour les ménages dans un contexte de hausse des prix, le gouvernement prépare les esprits à une réduction progressive des aides de 2023.
“Il faut passer de mécanismes généraux à des mécanismes plus ciblés”, a déclaré samedi 9 juillet la Première ministre Elizabeth Bourne, en marge d’un déplacement aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (Bouch du Rhône). “Nous sommes au coeur d’un pic d’inflation qui va se poursuivre encore plusieurs mois, il faut donc passer à des soutiens plus ciblés”, a ajouté le même jour le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. rappelant “avec beaucoup de sérieux” l’état tendu des finances publiques.
Dès l’automne 2021, près de 50 milliards d’euros ont été alloués pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages, compte tenu du “paquet” qui sera bientôt débattu au parlement. Soit l’une des sommes les plus élevées d’Europe en valeur absolue, selon le think tank européen Bruegel.
Lire la suite : Pouvoir d’achat : ce que le gouvernement a présenté en Conseil des ministres
L’exécutif a déjà amorcé ce mouvement, annonçant il y a quelques jours qu’il remplacerait la remise de 18 centimes le litre à la pompe par une nouvelle aide basée sur les revenus qui sera moins chère : 2 milliards d’euros par an, contre 800 millions d’euros par mois. Une approche similaire doit être adoptée en 2023 pour les différents “boucliers tarifaires” mis en place en octobre 2021 qui plafonnent les prix de l’électricité et du gaz jusqu’à la fin de l’année.
Ces deux mesures sont de loin les plus coûteuses de l’arsenal utilisé pour aider les ménages face à la hausse des prix : près de 20 milliards d’euros dès l’automne 2021 pour juste absorber la hausse des prix du gaz et de l’électricité et la rendre indolore même pour les ménages si l’État projet de loi de finances s’étalera sur plusieurs années.
Des finances publiques dégradées
Après deux ans de crise sanitaire, les finances publiques sont dans un état dégradé, affirme le gouvernement, comme l’ont récemment souligné la Cour des comptes et le Haut conseil des finances publiques. Et si la Commission européenne a suspendu le pacte de stabilité jusqu’à fin 2023, elle attend toujours que Paris lui transmette sa trajectoire pluriannuelle des finances publiques, qui devrait expliquer comment la France entend ramener le déficit public sous les 3% du brut. produit intérieur (PIB) en 2027.
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