France

le nouveau ministre de l’Éducation nationale, anti-Blanker ?

PAP NDIAE. Avec l’arrivée de l’historien Pap Ndiaye au ministère de l’Éducation nationale, un virage à 180° s’est opéré. Pap Ndiaye est perçu par certains commentateurs comme anti-Blanquer. Éléments de portraits.

Résumé

[Mis à jour le 20 mai 2022 à 22h43] L’annonce de son nom était, pour le moins, inattendue ce vendredi 20 mai. Pape Ndiaye est en effet devenu le nouveau ministre de l’Éducation nationale. Un grand tournant après cinq ans de règne de Jean-Michel Blanker. L’historien et le désormais ancien ministre de l’Éducation s’opposent sur de nombreux points. Avec Le Parisien, syndicat d’enseignants, il estime que la nomination de Pap Ndiaye est “le contraire, voire une gifle à l’ancien ministre”.

Alors que Blanker s’est par le passé inquiété des dangers de la gauche islamique, Ndiaye estime que le terme “ne signifie aucune réalité”. De la même manière, le nouveau ministre n’a pas hésité à dénoncer, avant d’en arriver aux “violences policières” du gouvernement, une position tout à fait opposée à celle prise par le camp de Macron… “C’est vrai que c’est le grand écart après Blanker, qui mène son ministère de manière très politique, mais ça pourrait être une façon d’équilibrer les choses. Ce sera un ministre à l’écoute des professeurs, qui connaît les problèmes”, a déclaré l’historien Pascal Blanchard, spécialiste de l’histoire de l’immigration, au quotidien de la capitale.

Le pape Ndiaye a également épargné Emmanuel Macron lui-même ces dernières années. Dans les colonnes du Monde en 2019, il estime que le chef de l’Etat peut parfois “parler avec éloquence, comme le 10 mai, de la mémoire de l’esclavage”, mais qu’il lui est difficile de “distinguer une politique ou même un point cohérent”. de vue” en lui. Il semble désormais que le pape Ndiaye ait trouvé un terrain d’entente avec le chef de l’Etat.

Pap Ndiaye, “pur produit de la méritocratie républicaine”

“Le monde des enseignants a toujours été le mien. Ma mère était professeur de sciences à Burg la Rhein », a déclaré le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, vendredi 20 mai, lors de la passation de pouvoir à Jean-Michel Blanker, rue de Grenelle. L’historien en a également profité pour rendre hommage à tous ses professeurs. “Je pense à tous les professeurs qui m’ont formé”, a-t-il déclaré en m’assurant : “Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine”.

A la surprise de ce gouvernement, Pap Ndiaye, dont la nomination a déjà fait couler beaucoup d’encre, devra faire face à de nombreux défis, alors qu’un ambitieux projet de rénovation scolaire d’Emmanuel Macron est attendu durant ce deuxième quinquennat. La tâche s’annonce particulièrement ardue. “Cette fonctionnalité [de ministre] ce n’est pas seulement le travail d’un homme. C’est la république. J’aborde cette tâche avec modestie et avec toute ma bonne volonté intelligente », a-t-il confié, confirmant que « tout le monde [s]ses forces sont au service de la jeunesse de ce beau pays, de ce beau ministère, de la vie, de la France. »

ministre de l’Éducation, qui fait déjà l’objet de critiques

La nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’Education n’a pas plu à tout le monde, vendredi 20 mai. Dans l’extrême droite, notamment sur l’échiquier politique, les critiques fusent rapidement. Marin Le Pen a été le premier à critiquer la nomination d’un “autochtone présumé”, tandis que le porte-parole du Rassemblement national Julien Audul a regretté l’arrivée d’un “militant de l’immigration”. “Cette nomination est au-delà de la provocation”, a-t-il ajouté.

Même son de cloche du côté de Reconquest !. “Emmanuel Macron avait dit qu’il fallait déconstruire l’histoire de France. Le pape Ndiaye s’en chargera », a lancé Eric Zemmour sans perdre de temps lorsque le vice-président du parti, Guillaume Peltier, s’est fâché : « Le gouvernement Macron ? Le clan des carriéristes. Avec une supériorité pour le gauchisme incarné par le nouveau ministre de l’Éducation nationale : Pap Ndiaye, le promoteur des minorités et des migrants. »

Des critiques, auxquelles la Première ministre Elizabeth Bourne n’a pas manqué de répondre lors de son interview sur le plateau de 20 heures sur TF1, vendredi 20 mai. Condamnant les attaques « caricaturales », le nouveau locataire de Matignon a défendu le fait que « Pap Ndiaye [soit] car il partage avec Jean-Michel Blanker l’objectif d’offrir à nos enfants l’excellence et l’égalité des chances. »

Pap Ndiaye, la surprise du gouvernement Bourne

Il n’y a pas de rumeurs sur la nomination de Pap Ndiaye au poste de ministre de l’Éducation, toutes les spéculations ont été dirigées vers les politiciens, en particulier les ministres déjà en poste, dont Gabriel Atal. Les premiers indices sur le successeur de Jean-Michel Blanker suggèrent que le chef de l’Etat recherchait un profil plus politique que technique, mais Pap Ndiaye, diplômé de l’École normale supérieure de Saint-Cloud et de l’École des hautes sciences sociales, l’a fait. de ne pas inclure l’expérience politique dans son autobiographie. D’autre part, il est éducateur à temps plein, travaillant comme professeur à Sciences Po Paris en plus de son rôle de directeur général du Palais de la Porte Dorée et du Musée d’Histoire de l’Immigration.

La nomination du pape Ndiaye à la tête du ministère de l’Education nationale s’inscrit dans la volonté d’Emmanuel Macron de former un gouvernement pour “renouveler” sa politique, promettant d’insuffler “un nouveau souffle” et de trouver une “nouvelle méthode” pour répondre aux attentes des Français. aux propos tenus pendant la campagne présidentielle. Cela s’inscrit dans la volonté d’apaisement après l’ère Blanker, marquée par une rupture profonde avec les enseignants après la réforme du lycée et notamment les politiques menées pendant la crise sanitaire. Discours destructeur également après le débat sur le prétendu “wokisme” à l’école.

Qui est Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’Éducation nationale ?

Loin de la politique, Pap Ndiaye est avant tout un académicien d’excellence et un amoureux de l’histoire. L’histoire, c’est aussi son métier : historien et maître de conférences, Pap Ndiaye enseigne les cours d’histoire sociale à Sciences Po Paris, mais depuis 2021 il est également directeur général du Palais de la Porte Dorée et du Musée d’histoire de l’immigration. Son parcours universitaire est brillant, il est diplômé du lycée de Saint-Cloud et docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Ehess). Il a notamment voyagé aux États-Unis pendant cinq ans, de 1991 à 1996, pour rédiger une thèse sur l’histoire sociale et les minorités, ses deux majeures.

Pape Ndiaye s’est toujours développé dans un cocon, où la connaissance et l’apprentissage ont été primordiaux, son père est un ingénieur sénégalais et sa mère est une professeur de sciences française. Né à Anthony en 1965 dans les Hauts-de-Seine, il obtient une licence au lycée Lakanal de Sceaux et intègre aussitôt une classe préparatoire littéraire au prestigieux lycée Henri IV de Paris.

Si le nom de Pap Ndiaye n’est pas associé au monde politique, l’homme reste très impliqué, plutôt à gauche, et est l’auteur de plusieurs tribunes dans l’Obs et le Monde dans lesquelles il évoque les comportements de la société. de violences policières ou de problèmes raciaux, comme le rapporte Le Figaro Etudiant. Désormais à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye sera de plus en plus nombreux à s’expliquer publiquement principalement sur le projet de réforme du système éducatif d’Emmanuel Macron, et la mission s’annonce colossale. L’un des premiers chantiers du ministère de l’Éducation nationale devrait être la réintroduction des mathématiques dans le tronc commun du lycée.

Fonctions, adresse… Quel est le rôle du ministre de l’éducation nationale ?

Le ministre de l’éducation, en somme, est en fait le chef de l’instruction publique, de la jeunesse et des sports. Il est une référence pour toutes les politiques gouvernementales concernant “la jeunesse en milieu scolaire et hors milieu scolaire, l’accès de tous au savoir, à la vie associative et sportive et au développement de l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire”, indique le site du gouvernement.

L’école, de la maternelle au lycée, demeure le projet le plus important du ministère. Il réglemente les règles, détermine les parcours d’études, le contenu des programmes, mais aussi l’organisation des examens, qui sont un brevet et un baccalauréat, entre autres. Le ministre de l’Éducation nationale est le grand chef des enseignants, dont il gère l’enseignement, le recrutement et la répartition dans toute la France, malgré les relations parfois tendues entre les enseignants et le ministre, comme en témoigne le mandat particulièrement intense de Jean-Michel Blanker.

Parmi les grands chantiers qui attendent le futur ministre de l’Éducation nationale figurent l’augmentation des salaires des enseignants, le recrutement de bons candidats alors que leur nombre a diminué ces derniers temps, le collège (dédoublement des classes de 6e, l’introduction de la formation manuelle et pratique ainsi comme …