“À part le carnage, je ne pense pas que les écoles fermeront. »
Posté à 17h00
Presse Louise Leduc
C’est le pronostic du Dr Caroline Kuach, pédiatre, microbiologiste et infectiologue au CHU Sainte-Justine.
L’année scolaire, à nouveau marquée par des interruptions, par des vacances précipitées puis prolongées et par de nombreuses absences accidentelles d’élèves et d’enseignants infectés, touche à sa fin.
Tout cela a eu de graves conséquences, qui ont été évoquées vendredi à Montréal lors d’une conférence organisée par l’Observatoire de l’éducation et de la santé des enfants.
Depuis la rentrée à l’automne, selon le Dr Kuach (l’un des participants à cette conférence), il est certain qu’il y aura déjà un grand nombre de cas. Les restrictions sanitaires moins sévères de l’année dernière sont très susceptibles d’entraîner une augmentation des cas plus rapide qu’en 2021, où nous nous en sortions plutôt bien jusqu’en décembre.
Or, selon elle, à moins qu’il n’y ait une nouvelle option qui changera complètement la donne, les nouvelles fermetures d’écoles ne sont pas sur la carte de la santé publique.
Parce que cette fois, dit-elle, grâce aux vaccins, nous ne sommes pas si vulnérables. Les médicaments antiviraux peuvent également nous sauver des pires situations au début d’une pandémie.
“La pandémie n’est pas terminée, mais nous ne sommes plus au même endroit [que lors des vagues précédentes] Elle a commencé.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
Dre Caroline Kuach
De son côté, le Dr Marie-France Raynaud, médecin spécialiste en santé publique et santé publique, a exprimé le même avis. Tant qu’on reste autour d’Omicron, “on est sur une stratégie d’atténuation, c’est-à-dire qu’on protège le système de santé et les plus vulnérables, sans forcément imposer de mesures importantes à la population”.
Afin d’éviter trop de fermetures de classe à l’avenir, elle devra peut-être également envisager de réviser la définition d’une épidémie – au moins deux cas liés – qui, selon elle, étaient “très strictes”.
L’école nécessaire à la socialisation
Dominique Besner, directrice de l’école Calixa-Lavallée dans le quartier Montréal-Nord, espère bien qu’on est ailleurs. “L’école ne doit pas être fermée”, a-t-il dit, ajoutant que le régime hybride est aussi une “très mauvaise idée”, qui est “une pensée magique”.
PHOTO DE FRANCOIS ROY, ARCHIVES DE LA PRESSE
Dominique Besner, directrice de l’école secondaire Calixa-Lavallée, en mars 2021.
Hélène Lecavalier, enseignante de 4e année aux Laurentides, a déclaré qu’elle et ses collègues constataient «une baisse des compétences interpersonnelles, une augmentation du stress et une diminution du respect envers les pairs et les adultes».
Et ça ne compte pas les retards de lecture, note-t-elle, et les élèves qui tiennent encore mal leur calligraphie en calligraphie quand les choses sont corrigées en personne.
Ces retards scolaires ont été mis en évidence par une étude menée par des chercheurs de l’Observatoire de l’éducation et de la santé des enfants et du CHU Sainte-Justine. Ils ont calculé (sur la base des résultats du test de lecture du ministère de 7 500 sur 12 000 élèves de 4e année) que la pandémie a provoqué une baisse moyenne en 4e année de plus de 8 points de pourcentage par rapport au test ministériel en 2021 (de 77,4 % à 68,9 %) par rapport à 2019.
“Nous sommes sortis du chaos, mais nous ne sommes pas encore revenus à la normale”, et les étudiants ont encore un long chemin à parcourir, a déclaré Karla Hellermans, professeur d’économie à l’éducation à l’université de Maastricht.
Aux Pays-Bas, où elle est basée, Karla Hellermans estime que la perte moyenne d’entraînement après deux ans de pandémie est désormais de huit semaines. Dans son pays, les retards scolaires sont particulièrement importants en mathématiques et en orthographe, des retards qui n’ont pas diminué entre la première et la deuxième année de la pandémie, s’inquiète-t-elle.
Christoph de Witte, professeur d’économie de l’éducation à l’Université catholique de Louvain, a noté qu’en Belgique, les retards d’apprentissage sont particulièrement évidents dans l’enseignement de la langue maternelle et de la langue seconde.
Mais contrairement à ce que l’on observe aux Pays-Bas, M. De Witte souligne qu’une telle attention a été portée aux élèves vulnérables que la plus forte baisse des notes concerne les jeunes, qui ont généralement les meilleurs résultats.
La formation, la solution privilégiée
Comment améliorer la situation ? Tous les chercheurs pointent dans la même direction : les leçons.
Plus que le redoublement, plus que la limitation du nombre d’élèves dans une classe, plus que toute autre mesure pédagogique, l’apprentissage semble, selon les recherches, être une voie à suivre absolument, a insisté M. De Witte, surtout après avoir au moins cher.
Il souligne également qu’en Belgique, “les écoles d’été ont très bien réussi à aider les plus vulnérables à réduire les retards scolaires”.
“Nous ne devons pas seulement rattraper notre retard, nous devons nous efforcer de faire mieux”, a conclu M. De Wit.
En savoir plus
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83,2 % Réussite des élèves de 4e année en lecture en 2019
Source : Observatoire de l’Education et de la Santé de l’Enfant
71,9 % de réussite en lecture en 4e année en 2021
Source : Observatoire de l’Education et de la Santé de l’Enfant
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