Les actions se multiplient pour stopper et réguler le phénomène des livraisons et courses express dans les grandes villes. Suite aux tentatives de Paris, Lyon ou Lille d’utiliser tous les moyens légaux à leur disposition pour que ces nouveaux commerçants – dont les entrepôts (“dark shops”) remplacent les commerces traditionnels – respectent la loi et les règles d’urbanisme, l’association Urban France, porte-parole de vingt-deux métropoles et grandes villes de France, a décidé de contacter directement le ministère de l’Economie et des Finances.
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Dans une lettre mercredi 1er juin, Johanna Roland, présidente de l’association et maire (PS) de Nantes, a demandé un “soutien technique et juridique” au gouvernement pour aider les territoires à “mieux réguler et contrôler ces activités” et a insisté sur le fait qu’elle rappelle que “la loi s’applique à toutes les start-up, petits commerçants ou acteurs de la distribution” et que “créativité économique ne veut pas dire mépris” à son égard. Enfin, elle insiste sur la nécessité d’organiser un grand débat public sur l’impact de ces « boutiques fantômes » et le commerce électronique dans les grandes villes.
Une société où vous magasinez derrière un écran
Des salariés sélectionnés ont commencé à s’inquiéter à l’automne 2021 de l’ouverture du nombre de ces mini-entrepôts en centre-ville, dont à toute heure de la journée des transporteurs se chargeaient de livrer un tube de dentifrice ou un sachet de chips en un temps record. . De leur côté, les « dark kitchens », ces cuisines qui préparent des repas commandés en ligne, ont continué à se répandre. Outre le modèle auquel s’applique cette activité – “une société dans laquelle on fait ses courses derrière un paravent, où les rues sont davantage dédiées aux colporteurs qu’aux piétons”, résume Camille Ogi, adjointe (EELV) engagée par la mairie de Lyon – Une attention particulière est portée aux conditions de travail, aux nuisances du voisinage et à l’impact sur l’environnement.
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L’espoir suscité par les Assises du commerce, organisées en décembre 2021 par le gouvernement, était époustouflant. Urban France attend toujours des retours sur une vingtaine de ses propositions, dont la taxe commune à tous, et que le consommateur soit informé de l’impact de son achat en ligne. Mi-mars, Bercy a apporté la précision demandée sur le statut juridique de ces lieux : il s’agit bien d’un entrepôt “dès [ce dernier] utilisé exclusivement pour la livraison ». Mais si un compteur est installé, piéton ou autre, alors c’est du business. Il y a donc toujours une certaine ambiguïté, estime Urban France, qui recensait en juin 150 dark stores, dont les trois quarts sont installés en Ile de France.
Emeline Kazi
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