France

les marches des jeunes se sont beaucoup moins mobilisées qu’en 2019

C’est un échec. La nouvelle journée mondiale de grèves pour le climat n’a pas réussi à mobiliser les jeunes en France, où le mouvement ne rassemblait, vendredi 23 septembre, que quelques centaines de personnes tout au plus dans les grandes villes, bien loin des dizaines de milliers de manifestants en 2019.

A Paris, une marche organisée depuis vendredi pour une France d’avenir a réuni entre deux et trois cents personnes dans l’après-midi, selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), bien loin des seize cents manifestants recensés en mars. En mars 2019, la première marche mondiale a attiré entre vingt-neuf mille et quarante mille personnes. Cependant, une autre marche est prévue dimanche dans la capitale, ainsi que dans plusieurs villes, organisée cette fois par le mouvement “Jeunesse pour le climat en France”.

“A ceux qui veulent polluer le monde, les jeunes répondent : la résistance”, ont scandé les manifestants, auxquels se sont joints des militants politiques des Jeunes écologistes, ou La France insoumise. “Le mouvement tourne à la colère”, a déclaré la députée écologiste Sandrine Russo, venue soutenir les jeunes mobilisés. “Nous en avons absolument besoin car il y a une forme d’ignorance au sein de l’Assemblée nationale sur la gravité du changement climatique”, a-t-elle dénoncé.

“Quand ça fond, c’est foutu”

Les Vendredis pour l’Avenir de la France appelaient aussi à ce que cette journée mondiale soit marquée par des manifestations à 11h30 devant les mairies au lieu d’aller en classe. A Lille, une centaine de jeunes se sont rassemblés devant la mairie armés de pancartes “Quand ça fond, c’est foutu”, “La nature n’est pas que du papier peint” ou “Act now or swim later” (“Act now or swim” sur – tard”), a noté l’AFP. “Nous ne sommes pas là pour sécher les cours (…), mais pour relancer la cause ; c’est un peu mort après le Covid”, raconte Fanny Grandin, une étudiante impliquée dans le mouvement depuis ses années collège à Lille.

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“Nous avons huit cents personnes qui ont annoncé une grève sur notre site” dans “cinq cents” écoles, a indiqué l’un des porte-parole du mouvement, Pablo Flaye, lors d’une conférence de presse à Paris vendredi matin. “En 2019, le mouvement en France a été débordé par la vague de mobilisation et nous n’étions pas assez structurés. Après un essoufflement causé par [l’épidémie de] Covid, l’été désastreux que nous avons vécu nous a remobilisés et nous sommes prêts à continuer jusqu’à ce que nous remportions des victoires climatiques, c’est-à-dire le respect des accords de Paris », a-t-il ajouté.

D’autres marches lancées vendredi pour Future France étaient prévues vendredi en fin d’après-midi, notamment à Bordeaux et Toulouse. L’organisation n’envisage pas de répéter ces grèves tous les vendredis et envisage d’autres formes de mobilisation sur le long terme.

Actions contre des aéronefs privés

Changeant de cap, des militants de Youth for Climate France ont choisi pour leur part de bloquer vendredi pendant une heure l’entrée d’un site de TotalEnergies, dénonçant un méga projet pétrolier en Ouganda récemment critiqué par le Parlement européen. Les militants “ne tiennent plus leurs pancartes assis devant les lieux de pouvoir politique, comme le faisait Greta Thunberg, mais bloquent les lieux de pouvoir du capitalisme : les multinationales spécialisées dans les énergies fossiles”, se justifie dans un communiqué de l’organisation.

Au Bourget, près de Paris, des militants d’Attac et d’Extinction Rebellion ont bloqué un terminal d’affaires d’un aéroport pour dénoncer les “crimes climatiques des ultra-riches” qui utilisent des jets privés. Une vingtaine de militants, dont certains en blouse blanche, se sont positionnés pour bloquer l’accès à une borne recouverte de peinture rouge, a constaté un journaliste de l’AFP. “En termes de décollages et d’atterrissages, il n’y a pas d’impact”, a déclaré un porte-parole du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris).

🔴 Action en cours “Zone crime climatique” Les militants @xrFrance et @attac_fr bloquent la borne d’où déco… https://t.co/l7IXvdUnoz

— arkokabi (@Alexandre-Reza Kokabi)

“Les jets privés sont le symbole d’un mode de vie qui détruit la planète”, a déclaré sur place Anik Kupe, porte-parole de l’association Attac. “Nous voulons arrêter les crimes climatiques des ultra-riches”, a-t-elle expliqué. Les jets privés font l’objet de polémiques depuis plusieurs mois, des militants écologistes réclamant leur surveillance voire leur interdiction. Le ministre délégué aux Transports, Clément Bon, s’est dit prêt fin août « à agir et [à] réglementer les vols en jet privé. Mais cette proposition, qui pouvait être envisagée au niveau européen, n’a pas été retenue au sommet de l’Etat.

Le mouvement Fridays for the Future, lancé par la militante suédoise Greta Thunberg, a appelé à des rassemblements dans le monde entier sur les réseaux sociaux le dernier jour de l’Assemblée générale des Nations Unies. A Berlin, les organisateurs ont estimé que 36 000 personnes ont manifesté dans le centre-ville, contre 22 000 selon les autorités locales. La marche marquait, comme en France, un net mécontentement par rapport à 2019 : alors les organisateurs avaient revendiqué deux cent soixante-dix mille participants, selon Deutsche Welle.

Le monde avec l’AFP