France

Les premiers jours fixes du nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, à la Maison de la radio, Paris, le 22 avril 2022 Cyril Beaton / DIVERGENCE POUR LE « MONDE »

Depuis mercredi 4 mai, l’Elysée diffuse une série de vidéos sur YouTube à la suite de certains des événements clés du précédent quinquennat d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat y apparaît, à toute vitesse dans sa volonté de “transformer” la société française. “J’ai la campagne entre les mains. Il n’y a pas de transition », soupire-t-il en souriant à Jean-Claude Miley, alors secrétaire général de Force ouvrière, fier de mener des réformes « en un temps record ». Un contraste saisissant avec les premiers jours de son nouveau mandat, qui stagne actuellement, un peu moins de deux semaines après sa victoire sur Marine Le Pen.

De fait, le gouvernement de Jean Castex est toujours en place, malgré les promesses de « nouvel élan » faites pendant la campagne par le candidat à la présidentielle. L’équipe ne sera pas échangée, a annoncé mercredi son porte-parole Gabriel Attal avant le 13 mai, date à laquelle prendra officiellement fin le premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

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Cependant, les membres du gouvernement ont prévu d’assister à leur dernier Conseil des ministres le 28 avril, à l’issue duquel un buffet exceptionnel a été organisé. Depuis, le temps s’est étiré comme une horloge molle. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Jebari, s’est même présenté mercredi avec ironie dans une vidéo postée sur TikTok, au milieu des cartons de déménagement, intitulée « Quand dix jours se sont écoulés depuis que vous attendez un nouveau gouvernement.

“Continuité de l’Etat”

En attendant, le projet présenté par Emmanuel Macron attend d’être déballé, comme si l’élection n’avait pas eu lieu. Cependant, le ministre de l’Economie Bruno Le Mer a mis en garde contre “des difficultés économiques importantes” qui touchent désormais la France, en proie à une croissance lente et à une “nouvelle inflation”, notamment sur les biens de première nécessité. “Le plus dur est devant”, a prévenu jeudi le patron de Bercy.

Aucune date n’est connue pour le déblocage du chèque alimentaire, que le ministre de l’Agriculture Julien Denormandi a promis d’appliquer “immédiatement après l’élection”. De même, le calendrier n’est pas figé pour le texte en faveur du pouvoir d’achat qu’Emmanuel Macron avait prédit avant le vote. Plaidant pour la “continuité de l’Etat”, Gabriel Atal a assuré mercredi que “ce gouvernement est chargé d’anticiper et de préparer les travaux sur les engagements pris par le président de la République”. Mais les changements ministériels à venir, qui pourraient s’accompagner d’un remaniement des administrations, relativisent la portée de ce travail.

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