France

Les sanctions ont ramené l’économie russe de 15 ans en arrière, a déclaré l’IIF

Les sanctions internationales nuisent gravement à la Russie. Imposées à Moscou après l’invasion de l’Ukraine, elles anéantissent environ 15 ans de progrès économique du pays et trois décennies d’intégration à l’Occident, selon un rapport de l’Institut de la finance internationale (IIF) publié mercredi.

Cependant, l’impact de ces mesures reste difficile à prévoir, car elles sont en constante évolution, avec de nouvelles sanctions potentielles d’une part et une éventuelle réponse de la Russie d’autre part, notamment dans le secteur de l’énergie. Dans sa dernière analyse, l’IIF prévoit que l’économie russe se contractera de 15 % cette année et de 3 % supplémentaires en 2023.

Les sanctions ne sont pas comme “appuyer sur un interrupteur”

La guerre coûtera probablement plus cher au président russe Vladimir Poutine, mais les sanctions ne fonctionnent pas comme une “pression sur un interrupteur”, a déclaré l’économiste de l’IIF Elina Ribakova. Les sanctions financières, telles que la réduction de la capacité de Moscou à rembourser sa dette extérieure, la hausse des prix et le départ des entreprises étrangères du pays, ralentissent la demande intérieure, « brouillant ainsi les perspectives économiques à court, moyen et long terme ». Ainsi, les auteurs du rapport notent que “certaines des conséquences les plus importantes ne se sont pas encore fait sentir”.

En outre, Elina Ribakova a noté que les sanctions bouleversaient les chaînes de valeur mondiales. Elle y voit “un effondrement de 30 ans d’investissements et de liens avec l’Europe”.

Selon le vice-président exécutif de l’IIF, Clay Lowry, l’évaluation de l’efficacité des sanctions imposées à la Russie dépend de ce que les gouvernements tentent de réaliser. “Si par succès on entend préjudice à l’économie (…), alors ces sanctions ont certainement un impact”, et celui-ci doit être amplifié. Dans le passé, cependant, les sanctions ne se sont pas avérées efficaces pour modifier les politiques de taux de change, a-t-il rappelé.