France

l’exécutif entame un nouveau marathon au parlement

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire lors de la discussion du projet de loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale, le 22 juillet 2022. JULIEN MUGUET POUR “LE MONDE”

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire résiste rarement à la tentation de citer un grand auteur. Lundi 18 juillet, il a invoqué George Orwell devant les députés pour se présenter comme un “révolutionnaire” face aux critiques de l’alliance de gauche. Quatre jours plus tard, il utilise les titres de diverses œuvres de William Faulkner pour inciter l’opposition à un compromis.

L’Assemblée nationale a entamé, vendredi 22 juillet, l’examen du budget rectificatif, qui contient plusieurs mesures phares pour le pouvoir d’achat des ménages, comme la suppression de la redevance audiovisuelle, la prolongation de la ristourne à la pompe de 18 centimes ou encore une nouvelle ristourne sur le revenu. par chèque pour les personnes à revenu élevé. Il s’agit du deuxième de deux projets de loi pro-pouvoir d’achat, dont le premier a été adopté jeudi soir. Ensemble, ils mobilisent plus de 20 milliards d’euros de fonds publics.

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“Notre assemblée pourrait être ‘le bruit et la fureur'”, a prévenu le ministre de l’Economie dans son allocution d’ouverture. Cela pourrait aussi arriver “pendant que je meurs”, “si les débats s’éternisent jusque tard dans la nuit ou tôt le matin”, a-t-il ironisé. Je suggère plutôt que cette réunion soit la “lumière d’août”. Une annonce peut-être un peu tardive : plus de 1.000 amendements au texte, qui comprend quinze articles, ont été déposés avant le début de la session, promettant une véritable course de fond au pouvoir exécutif. Et au terme de la première journée de débats, très animée, les députés n’étaient toujours pas parvenus à se rendre à l’article 1.

“Nous challengeons vos méthodes”

“Ce texte ne répond pas aux besoins urgents de notre époque”, a dénoncé le “rebelle” Eric Cockerell, président de la commission des finances, agacé que le discours du ministre “ne mentionne même pas une seule fois le mot ‘salaire'”. “Nous contestons vos méthodes, qui consistent à multiplier les chèques destinés à quelques-uns, en oubliant la classe moyenne, sans avoir le courage de baisser les impôts pour tout le monde”, a à son tour attaqué Véronique Louvagy, chef de file des élus Les Républicains (LR) aux Finances. commission. Les Français paient des impôts à l’Etat, l’Etat leur verse des chèques avec lesquels ils paieront de nouveaux impôts. D’autres ont au contraire réclamé un plus grand ciblage des mesures, comme la députée Liz Manier (Horizons) ou Charles de Courson (Libertés et Territoires), pour qui “les mesures générales coûtent cher et ne sont ni efficaces socialement ni économiquement”.

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