Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg (à droite) et la Première ministre suédoise Magdalena Anderson, à Bruxelles, le 27 juin 2022. KENZO TRIBUYAR / AFP
Ce sera l’aboutissement d’un “tournant”, a déclaré Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Après la confrontation européenne avec Donald Trump, alors président des États-Unis, sur les budgets de la défense en 2018, le débat sur la « mort cérébrale » du président français Emmanuel Macron en 2019, la réconciliation euro-américaine en 2021 et le choc en mars de la Réuni d’urgence sur le déclenchement de la guerre en Ukraine, le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Otan, qui s’ouvre mardi 28 juin à Madrid, en Espagne, doit avant tout confirmer la cohésion de l’organisation. Elle entre dans une « nouvelle ère de concurrence stratégique », explique M. Stoltenberg, et doit être réunie pour faire face à de nouveaux défis.
Plus de frictions et de désaccords ? Probablement pas. Lundi 27 juin, la Turquie semble vouloir maintenir son veto à l’adhésion de la Suède et de la Finlande jusqu’au bout, hypothéquant ainsi un événement qui s’annonçait le plus significatif de ce sommet public.
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Le texte du nouveau “concept stratégique” de l’Alliance est également toujours en discussion. La question est de trouver une formulation de plusieurs concepts clés qui soit acceptable pour les trente alliés : la définition exacte de la menace russe, le « défi » posé par la Chine, la relation entre l’OTAN et l’Union européenne (UE), le niveau souhaité des budgets de défense ou encore des ressources à allouer à l’organisation.
Esquissant les grandes lignes de son discours lors de sa prise de fonction, qu’il devait tenir à Madrid, M. Stoltenberg a mis en exergue les thèmes qui unissent les Alliés. Premièrement, la nécessité de continuer à soutenir massivement l’Ukraine, conformément à ce que doit exiger le président Vladimir Zelensky, qui s’exprimera par visioconférence lors d’une session spéciale consacrée à son pays. Selon Stoltenberg, les dirigeants devraient annoncer des mesures pour faciliter la transition de l’équipement de l’armée ukrainienne vers des armes modernes de type OTAN. La nouvelle aide militaire promise à Kyiv comprendra des systèmes de communication protégés, du carburant et des armes contre les drones.
La guerre, déclenchée par le président Vladimir Poutine, a également effacé les divergences entre alliés sur la définition de la menace russe. Elle sera ainsi présentée comme “la plus importante et la plus directe” contre la sécurité et les valeurs de l’espace transatlantique, ainsi que l’ordre international. J’oubliais le dernier concept stratégique, développé en 2010, qui présentait la Russie comme un pays “partenaire”. “Elle a choisi la confrontation, j’en suis désolé, mais nous devons faire face à cette nouvelle réalité”, a expliqué le secrétaire général.
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