France

“M. Hugo Houle” en visite chez Premier Tech

(Rivière-du-Loup) Avec ses cinq ou six grands bâtiments à l’architecture résolument moderne, on a l’impression d’atterrir sur le terrain de l’université.

Posté hier à 18h39.

Presse Simon Drouin

L’endroit s’appelle aussi Campus Premier Tech. Il s’agit plutôt du « siège social mondial » de la multinationale Rivière-du-Loup, qui se spécialise dans les produits horticoles et agricoles, les systèmes informatisés, l’eau et l’environnement, la visualisation 3D, etc.

Mais la boutique de vêtements cyclistes et les maillots accrochés au mur à l’entrée du personnel nous rappellent que nous entrons bel et bien en territoire cyclable.

Mercredi, le cyclisme était encore plus au centre des préoccupations des 1 400 “membres de l’équipe” qui travaillent sur le campus. « Monsieur Hugo Houle », tel que présenté par le PDG et actionnaire majoritaire de Premier Tech, Jean Bélanger, s’apprêtait à souligner sa victoire d’étape historique sur le Tour de France.

Arrivé pour le déjeuner, le héros du jour a été rejoint plus tard par les six coéquipiers Israel-Premier Tech qui l’accompagneront aux Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal, vendredi et dimanche, dont le Québécois Guillaume Boivin.

Après un dîner sous chapiteau auquel toutes les “équipes” étaient conviées, les plus courageux se mêlaient aux coureurs pour leur dernier véritable entraînement avant les courses du week-end.

Après avoir traversé Rivière-du-Loup, le groupe a suivi le fleuve jusqu’à Camourasca, où café et pâtisseries attendaient les cyclistes. Les sept professionnels devaient ensuite continuer jusqu’à Saint-Jean-Port-Joli avant de prendre une douche et de retourner à Québec en véhicules.

Hule a déclaré aux journalistes plus tôt qu’il ne s’attendait pas à de grands changements malgré sa nouvelle renommée.

PHOTO SIMON DROUIN, LA PRESSE

Hugo Hulé

« Par-dessus tout, je suis heureux d’être ici, de vivre le Grand Prix », a exprimé le 23e du Tour, flanqué de Bélanger et du propriétaire de l’équipe Sylvain Adams.

« Je suis curieux de voir à quoi ça ressemblera cette année après la bonne presse que j’ai eue en juillet. Bien sûr, la préparation reste la même. Je suis heureux de profiter de la belle ambiance et de montrer aux gens de chez moi ce que je fais toute l’année en Europe. »

Une pression supplémentaire ? Eh bien, le principal intervenant a presque semblé surpris par la question, rappelant qu’il s’était entouré d’une “équipe très, très solide” pour ces événements, qui seront vraisemblablement décisifs pour le statut de la formation israélo-canadienne l’an prochain.

Je ne dirais pas que j’ai une pression supplémentaire par rapport aux autres années. Personnellement, j’aborde les choses de la même manière. Bien sûr, je suis beaucoup plus concentré que pour une course en Belgique, où je vais incognito et pour laquelle je n’ai pas forcément d’attentes. J’adorerais jouer à Québec et à Montréal, cela va sans dire. Parfois les jambes fonctionnent et d’autres jours ça ne va pas bien. J’ai fait ce que j’avais à faire, on verra ce qui se passe.

Hugo Hulé

Hormis ce séjour éclair dans le Bas-du-Fleuve, l’athlète de 31 ans a refusé toutes les autres demandes. Cela comprenait l’interdiction de rendre visite à certains parents et amis, le seul aspect de son importance croissante que le résident monégasque a trouvé plus facile à gérer.

« Je n’ai vu absolument personne. C’est difficile de gagner du temps comme je le voudrais pour tout le monde. Nécessite un peu d’intimité. Maintenant, je dois faire un choix. Je ne peux pas être partout à la fois. C’est la partie un peu ennuyeuse de l’histoire : ne pas en dire plus régulièrement. »

Cependant, Bélanger, qui est devenu ami au cours de leur relation qui remonte à 2017, souligne que l’homme n’a pas changé.

“Les gens sont fiers et heureux et Hugo redonne. Son statut a changé, mais pas sa façon de penser, de se déployer et de se percevoir. Sa façon d’interagir avec les gens est restée la même. Il est humble. C’est bon à voir parce qu’il y a des gens à qui il ne faut pas grand-chose pour qu’ils ne passent plus les portes. »

De retour au pays en début de semaine dernière, Hugo Houle a pu mieux jauger à quel point son succès du 19 juillet avait marqué l’imaginaire, même hors vélo. Sa réaction lors de la finale à Foix, lorsqu’il a dédié sa victoire à son défunt frère cadet, n’a laissé personne indifférent.

“C’est sûr que l’histoire avec mon frère a touché beaucoup de gens. L’émotion parle d’elle-même lors du visionnage des photos et des vidéos. Il y a un côté sportif, mais il y a aussi une grande partie du côté humain qui fait la fierté du Québec. »

De là, à comparer sa cascade à d’autres grands moments de l’histoire du sport québécois…

« C’est difficile pour moi de dire : OK, j’ai fait ça. Je le voyais un peu plus petit… Les gens saluaient encore l’exploit de cet été-là. »

Et ça résonne encore jusqu’au Bas-du-Fleuve, où une joyeuse bande d’équipiers s’est efforcée de le lui rappeler.

“Pas sain pour le sport”

PHOTO SIMON DROUIN, LA PRESSE

Sylvan Adams, Hugo Hule et Jean Bélanger

La rencontre d’Hugo Houle chez Premier Tech a été l’occasion pour Sylvan Adams et Jean Bélanger de rappeler leur engagement « à long terme » envers le cyclisme, peu importe le statut de l’équipe l’an prochain. Israël-Premier Tech est menacé de relégation en deuxième division s’il ne parvient pas à accumuler les points nécessaires pour grimper d’au moins deux places à la 18e place mondiale d’ici la fin de la saison. Adams avait même offert sa “garantie personnelle” qu’une telle relégation n’aurait pas lieu avant le départ du Tour de France. “Nous vivons une situation que je qualifierais de cas de force majeure”, s’est défendu mercredi le philanthrope d’origine montréalaise. Le COVID-19 a été particulièrement dévastateur pour l’effectif, qui a par exemple mis fin à trois concurrents sur huit à Paris en juillet. Le propriétaire a expliqué qu’il faisait partie d’un groupe de sept équipes “dans la zone grise des points” essayant de parvenir à un accord avec l’Union cycliste internationale. “Nous sommes unis sur cette question. Ce serait très mauvais pour n’importe quelle équipe d’être reléguée. Ce n’est pas sain pour le sport. Il y a donc des discussions. »

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  • 1,095 milliard de chiffre d’affaires de Premier Tech

    Source : PremierTech

    5 200 employés dans le monde dans 28 pays

    Source : première technologie