France

Macron appelle sa majorité à “écouter l’opposition”

Emmanuel Macron à l’Elysée, le 1er juillet 2022. EMMANUEL DUNAN / AFP

Jour et nuit. C’est comme si tout avait changé en cinq ans. Elle a mis fin à l’attitude triomphale d’Emmanuel Macron et de ses troupes en 2017, après leur double victoire aux présidentielles, puis aux législatives, quand ce jeune président promettait de “transformer” le pays à marche forcée, grâce à son immense position absolue. majorité à l’Assemblée nationale. A l’époque, l’opposition était réduite au silence, condamnée à regarder les élus du « nouveau monde » dicter leur rythme, leur vision et leur politique.

Aujourd’hui, la configuration est complètement différente. “Nous sommes confrontés à une situation politique très atypique ici”, a admis Emmanuel Macron jeudi 7 juillet, lors de la réception des députés de la majorité réunis pour la première fois de ce nouveau quinquennat à l’Elysée. Et pour cause : s’il est réélu, la désillusion de son camp face aux législatives l’obligera à changer radicalement de ton. N’ignorez plus le Parlement. Maintenant qu’il ne dispose plus que d’une majorité relative, le chef de l’Etat appelle ses partisans à faire preuve d’ouverture aux autres formations. “Il va falloir écouter l’opposition pour travailler ensemble”, s’est-il adressé aux près de deux cents élus des groupes Renaissance (ex-La République en marche), Horizons et Modem avant lui. Avant de leur demander de “construire une majorité de rassemblement”.

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Alors que tous les projets de loi avaient été votés à l’aveuglette lors de la précédente législature, le gouvernement doit désormais trouver une quarantaine de voix pour atteindre la majorité absolue, définie par 289 sièges. Texte par texte, des accords devront être trouvés avec les forces d’opposition. Cela nécessite de belles manœuvres pour convaincre les députés des autres groupes de voter pour les réformes de l’exécutif.

“C’est dans notre ADN”

Dans un discours singulier sur la méthode, M. Macron a expliqué à ses partisans la recette pour “construire des compromis”. “Nous devons amener l’opposition à rendre des comptes”, a-t-il déclaré à la Première ministre Elizabeth Bourne et à plusieurs membres du gouvernement. “L’important, c’est de suivre un chemin qui sort vos interlocuteurs de leurs positions et d’être cohérent”, a poursuivi celui qui a exclu toute alliance avec les députés du Rassemblement national (RN) ou de La France insoumise (BIA).

M. Macron a rappelé qu’il y était déjà allé lorsqu’il était ministre de l’Economie pendant le quinquennat de François Hollande. En 2015, il s’est battu à l’Assemblée nationale pour faire voter la loi portant son nom (qui a permis, notamment, la création de la « Car Macron »), recueillant les suffrages de différentes banques. Un modèle qui devrait être suivi, selon lui, même si cette réforme est finalement adoptée avec l’article 49.3. « Si je fondais En Marche ! et que nous sommes là, c’est parce que j’ai construit un projet et une loi avec des femmes et des hommes de droite et de gauche. C’est dans notre ADN”, a-t-il dit, disant qu’il “s’attend” à ce que ses troupes soient capables de “reconstruire cette avance”.

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