France

plusieurs grands absents du meeting des anciens chefs d’Etat

Publié le : 07/08/2022 – 22:43

C’était censé être un moment historique. Vendredi 8 juillet, le président de transition burkinabé, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a invité cinq anciens chefs d’État burkinabé au palais présidentiel de Kossyam. Le but de cette rencontre : amorcer la réconciliation nationale pour lutter contre le terrorisme. Pour l’occasion, le président Damiba a même autorisé le retour de Blaise Compaoré. Mais seuls deux anciens présidents se sont présentés.

C’est en présence de Blaise Compaoré, physiquement émacié et incapable de se tenir debout, que le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba a expliqué que cette concertation visait à trouver des solutions pour une paix durable. “Le processus n’est pas fait pour sacraliser l’impunité, mais pour contribuer à la recherche de solutions pour le Burkina Faso de paix et d’unité.” L’urgence de préserver l’existence de notre patrie nécessite une synergie d’action. »

Trois anciens chefs d’Etat n’ont pas participé à la consultation pour diverses raisons, souligne notre correspondant à Ouagadougou Yaya Budani. Parmi eux, Roch Marc Christian Kaboré, dont le domicile a été pris d’assaut tôt le matin par ses partisans pour l’empêcher d’y participer. “Récemment, il y a eu un verdict dans l’affaire Thomas Sankara, où l’ancien président Blaise Compaoré a été condamné. De ce point de vue, la polémique a éclaté sur le respect de la Constitution, la séparation des pouvoirs, la nécessité que les peines soient suivies d’exécutions… En tant qu’ancien chef de l’Etat, je suis préoccupé par la situation dans le pays et Je suis déterminé à apporter ma contribution. »

Autres absents : Michel Cafando, déclaré malade, et Yakuba Isaac Zida. Selon son proche, il n’a pas souhaité participer à une réunion qu’il jugeait trop hâtive. Au final, plus de la moitié des chefs d’Etat invités par le président Damiba ne sont pas venus. « Tout y est », résume un représentant citoyen actif. “Ce n’est pas de la réconciliation, c’est une mascarade”, a déclaré Bukari Konombo, président de Black Brassard, un mouvement de la société civile.

“L’urgence de préserver notre patrie ne nous permet pas le luxe de perdre du temps en disputes”, a déclaré le président Damiba à l’issue de la rencontre. Ce dernier a souligné qu’il existe déjà un arrangement pour la poursuite des consultations individuelles avec les absents de la réunion.

Dans un communiqué, le Mouvement des droits de l’homme et des peuples burkinabé estime que cette rencontre a surtout révélé la véritable feuille de route de la junte au pouvoir : « La restauration des trésoriers du régime déchu de Blaise Compaoré et le pardon de tous leurs crimes sous le prétexte de la réconciliation nationale. »