Par Régis CREPET, Météorologue Publié le 10/09/18, mis à jour le 11/08/22 à 08:22
Cette mise à jour du 10 août couvre l’automne météorologique avec les mois de septembre, octobre et novembre. Dans le contexte de sécheresse historique que la France a connu cet été, la prévision des précipitations devient cruciale, car des pluies efficaces sont nécessaires en automne. Malheureusement, le modèle numérique développé par Météo Consult prédit l’automne, toujours sans précipitations.
La configuration météorologique pour cet été 2022 reste exceptionnelle du fait de la persistance de l’anticyclone en juillet et août. Les canicules récurrentes et les orages rares ont entraîné des sécheresses comparables à celles de 1976 et 1983, par exemple. Dans ce contexte, des pluies seront nécessaires en automne et en hiver pour pénétrer le sol et recharger les nappes phréatiques. Mais pour l’instant, une récurrence de l’anticyclone semble prédominante au cours des trois prochains mois.
Septembre : un mois assez sec et chaud
Les prédictions faites le 10 juillet restent valables, ce qui est un signe de bonne crédibilité. Le mois de septembre peut être beau et chaud, apprécié des vacanciers en fin de saison. Les hautes pressions resteront à nouveau prédominantes sur les îles britanniques et la mer du Nord, tandis qu’une dépression orageuse se formera sur l’Espagne. Les orages resteront relativement éphémères, avec des déficits pluviométriques sur l’ensemble de la France. Des orages méditerranéens sont attendus, plutôt côté Languedoc-Roussillon, avec des précipitations excessives sur ce secteur. Compte tenu de la température élevée de la mer Méditerranée, ces épisodes peuvent être particulièrement forts, bien que les températures de l’eau ne soient pas le seul facteur favorisant la violence de ces intempéries. Les températures seront d’environ +1 °C au-dessus de la normale et les précipitations seront inférieures à la normale pour la saison d’environ 30 à 40 % avec des écarts dans le sud-est.
Octobre : vers un mois d’automne sec et frais
Là aussi, les prévisions faites en juillet se confirment, avec la persistance d’un anticyclone sur l’Atlantique proche, synonyme de maintien d’une tendance sèche. En bordure de l’anticyclone atlantique, la France sera soumise à des courants de nord, secs mais frais, avec des températures légèrement inférieures à la moyenne. Dans ce contexte, on peut s’attendre aux premières gelées précoces dans notre pays. Au sud-est, le flux de nord favoriserait le mistral dominant, limitant le risque d’épisodes méditerranéens. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas en octobre, mais peut-être de manière isolée. A cet égard, le déficit de précipitations prévu pour octobre est proche de 50%, notamment dans l’ouest, le plus proche de l’anticyclone. Pendant ce temps, les systèmes de basse pression apporteront un temps froid et humide en Europe centrale.
Novembre : encore un mois sans pluie
Des anomalies anticycloniques seront toujours présentes sur la France en novembre, tandis que des dépressions circuleront plutôt au large de la Méditerranée. Dans ce contexte, le temps restera globalement calme et sec, ce qui n’exclut pas le passage de perturbations, mais avec des précipitations totales inférieures de 30% aux moyennes statistiques. Le flux dominant dirigé vers le sud-ouest ou le sud pourrait entraîner de nouveaux épisodes méditerranéens, notamment sur les côtes espagnoles, mais pourrait affecter le sud de la France. Les températures seront d’environ +1°C au-dessus de la moyenne.
En conclusion, nos prévisions saisonnières confirment un été chaud en France avec un excédent de près de +1,5°C à +2°C au-dessus des moyennes trimestrielles. D’ailleurs, et selon l’écart que ce mois de juillet finira par présenter, notre été 2022 risque d’être dans le top 3 des plus chauds vus en France depuis 1900, avec 2003 et 2018.
Mais le vrai signal qui ressort de ces prévisions trimestrielles est la persistance d’une tendance sous-jacente sèche à l’automne. Les épisodes Sept et Méditerranée pourraient démarrer en septembre, mais notre modélisation semble prédire une saison des pluies plus active en novembre et décembre, tandis qu’octobre sera assez sec. Ce déficit pluviométrique persistant est une véritable source d’inquiétude car notre pays souffre de la sécheresse depuis l’hiver. Si la nappe phréatique n’est pas reconstituée lors de la prochaine saison froide, 2023 sera particulièrement critique en termes de gestion de la ressource en eau.
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