France

Sécheresse. Puis-je utiliser des eaux grises dans mon jardin ?

« Peut-on utiliser les eaux grises (lave-linge, vaisselle) pour arroser le jardin ? demande Jean-Louis. « Et si on utilisait le seau d’eau extrait des eaux grises pendant la journée ? demande Cécile, une lectrice de Bruz (Ill et Villen).

Alors que la France connaît une sécheresse historique, 93 départements sont concernés par les restrictions d’eau : 3 départements sont en état d’alerte, 12 en alerte renforcée et 78 en crise, selon les données du ministère de la Transition écologique. Pouvez-vous réutiliser vos eaux grises dans le jardin pour économiser l’eau ?

Les eaux grises correspondent aux eaux grises : elles proviennent des douches, des baignoires, des éviers, des machines à laver, des éviers et des lave-vaisselle. C’est l’eau de votre vaisselle et de votre lave-linge que vous souhaitez réutiliser Jean-Louis.

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Résidus de savon, détergent

Il n’est pas possible d’utiliser vos eaux grises pour le jardin. “D’un point de vue réglementaire, le rejet de (toutes) les eaux usées domestiques est actuellement interdit en France, explique Eaux et rivières de Bretagne, une association de protection de l’environnement. Les eaux grises contiennent des graisses et des détergents (savon, lessive, produits de nettoyage, etc.) ainsi que des matières organiques, dont la plupart seront fortement diluées et décomposées, mais d’autres peuvent s’accumuler sur le sol. »

C’est aussi ce qu’explique le ministère de la Transition écologique de Ouest-France. “Il est déconseillé d’utiliser les eaux grises de la vaisselle et des machines à laver pour arroser votre jardin ou votre potager. En effet, cette eau est potentiellement contaminée par des contaminants (détergents, liquide vaisselle, fibres microplastiques, etc.). Ils doivent donc être traités conformément à la réglementation (station d’épuration ou égouts non collectifs). »

Avis de l’Anses

L’Agence nationale de l’alimentation, de l’environnement et de la santé et de la sécurité au travail (Anses) a rendu un avis sur cette question en 2015. Dans ce document, l’Anses liste trois usages possibles des eaux grises : les toilettes pour la chasse d’eau, l’arrosage des espaces verts (hors potagers et agricoles) et laver les surfaces extérieures sans générer d’aérosols (sans utiliser de nettoyeur haute pression). Mais il y avait une mise en garde : “avec l’application d’un traitement et de mesures de gestion des risques appropriées, les eaux grises traitées peuvent s’adapter à [ces] trois usages en milieu domestique s’ils répondent à des critères de qualité précis sur le lieu d’usage », souligne l’agence.

Selon l’Anses, le risque principal est celui d’une interconnexion avec le réseau d’eau potable, soit par une fuite, soit par un mauvais raccordement, qui conduirait alors à une contamination du réseau d’eau potable.

L’Anses “n’a pas émis d’avis négatif sur la réutilisation des eaux grises, mais a recommandé que leur réutilisation individuelle soit effectuée dans le cadre d’une utilisation limitée”, précise Eaux et rivières de Bretagne.

Bactérie pathogène

Entre autres conseils, Eaux et rivières de Bretagne recommande d’utiliser les eaux grises pour la chasse d’eau, « ce qui est sans danger car l’eau rejoindra les eaux noires [issues des toilettes] et sera traité en conséquence ». De plus, ces eaux grises peuvent contenir des bactéries pathogènes susceptibles de se multiplier de manière importante, donc si vous utilisez des eaux grises en extérieur, cette utilisation doit être immédiate.

En plus des bactéries pathogènes, les eaux grises contiennent des savons et des détergents, “il est donc impératif que la composition soit parfaitement saine et biodégradable, attention aux parfums ou tensioactifs”.

“Dans ces conditions, il est possible d’arroser des fleurs, des pelouses, des arbres fruitiers qui ne touchent pas le sol et des légumes-fruits (tomates, poivrons et haricots), mais il n’est pas possible d’utiliser des légumes – légumes-racines et légumes-feuilles, qui théoriquement peut être pollué. par des bactéries », précise Eaux et rivières de Bretagne. Les fraises, par exemple, ne sont pas arrosées.

Économiser l’eau

Enfin, deux moyens pour limiter la pollution et économiser l’eau consistent à récupérer l’eau utilisée pour laver les légumes ou encore l’eau froide qui sort de la douche avant qu’elle n’atteigne la température. Quant aux jardiniers, « recouvrez en permanence votre sol d’une épaisse couche de paillis : tontes de gazon, fougères ou encore feuilles mortes. C’est ainsi qu’on limitera l’évaporation de l’eau”, conseille l’association sur son site internet.

“Utiliser l’eau du lavage des légumes ou de la cuisson des aliments pour arroser son jardin peut convenir, ainsi que l’eau de pluie”, note le ministère de la Transition écologique. Vous pouvez également utiliser l’eau de pluie “récupérée en aval des toits inaccessibles pour arroser le jardin, laver…