“Nous savons que nous jouons nos vies, nous ne plaisantons pas. C’est la vérité, nous ne devons pas diverger”. Thierry, le « filou du destin », a l’air sérieux malgré sa joie exubérante habituelle alors qu’il fait le bilan de sa participation à L’amour est dans le pré. Le vigneron de 65 ans revient sept ans après sa première visite pour trouver celui qui fera palpiter son cœur. Son cas est unique dans l’histoire de l’émission : jamais M6 et la production n’avaient donné à un agriculteur la chance de retenter sa chance. Cela donne à Thierry un avantage non négligeable, à savoir connaître les conséquences d’une forte médiatisation, contrairement à ses douze autres camarades.
Avoir la tête nue devant des millions de personnes tous les lundis soirs ne semble pas déranger Alexander, pour qui le portrait diffusé en février s’est bien passé et qui ne s’inquiète pas du début officiel de la saison. Agnès s’est posée des questions avant de se lancer dans l’aventure. Le maître brasseur n’avait pas particulièrement peur des critiques qui pourraient lui être adressées, mais plutôt de l’impact de l’émission sur ses proches : “J’avais peur que mon attitude mette mes filles mal à l’aise”, raconte-t-elle. Ils côtoient les gens et je ne voulais pas qu’ils aient honte de moi.
Les portraits, l’apéritif de la médiatisation
Pour ne pas sauter dans l’inconnu, la production s’assure que chacun comprendra les enjeux d’une telle exposition. La promotion 2022 s’est ensuite réunie en début d’année, hors champ, pour faire connaissance, partager de bons petits plats et se familiariser avec l’utilisation des réseaux sociaux. “A l’antenne, vous pouvez avoir une grande photo d’amour comme un tournage rempli de personnes cachées derrière votre écran, et c’est difficile à gérer”, explique la productrice Deborah Hewett. Après cela, on conseille aux agriculteurs de privatiser leurs comptes, on les présente à un psychologue et on leur explique comment se déroule le montage dont le résumé en plusieurs séries de plusieurs jours de cohabitation peut s’avérer décevant.
Avant la longue recherche de l’amour, chacun des participants connaît son quart d’heure de gloire grâce à son portrait dédié. L’occasion pour eux de goûter aux réactions du public sur les réseaux sociaux. Noémie, elle, “a très bien vécu” durant cette période, estimant que son échange avec Carine Le Marchant lui ressemblait. “Tous les messages que j’ai reçus en ligne, même de personnes que je ne connaissais pas, étaient bons pour mon ego et ont renforcé ma confiance”, dit-elle. Voir qu’on aime ça nous fait du bien. Peu importe le résultat, je savais que la série serait une thérapie pour moi.”
Peu de temps après avoir traversé la M6, les Singles ont réussi à goûter à un semblant de gloire. Bien qu’elle ne soit pas encore bien reconnue, Agnès est prévenue : cela viendra dans quelques semaines. “J’aime ça, ça ne me dérange pas”, rigole-t-elle. Les gens qui nous approchent sont bien intentionnés, demandent une photo. C’est bien, nous n’avons pas encore eu d’avis. On va l’avoir, c’est obligatoire, mais ils ne viendront pas nous le dire en face”, a-t-elle relativisé.
La famille « ADP » en action
L’avantage de participer à L’amour est dans le pré, c’est de savoir qu’il y avait 195 personnes avant nous. Un réseau d'”anciens” est alors créé pour permettre aux nouveaux arrivants de faire leurs premiers pas télévisés (et sentimentaux) en toute transparence. « Thierry m’a donné des conseils sur le speed dating et le mail, m’a dit de lire entre les lignes. J’ai aussi reçu des messages de personnes âgées sur les réseaux”, raconte Noemi. Alain, lui, a même échangé avec Mathieu (le mari d’Alexandre) avant de prendre une décision définitive quant à sa participation.
« Il y a une vraie communauté d’anciens, des formations, rapporte la productrice Déborah Huet. Beaucoup sont venus à Paris pour le salon de l’agriculture et sont passés devant le stand de Pierre et Fred, qui leur ont donné les clés ». Le lien que les agriculteurs issus de cette promotion ont tissé lors de leur rencontre en début d’année a également permis à certains de mieux supporter le stress d’une telle épreuve. “On s’échangeait des messages tous les jours et on pouvait se poser des questions car on vivait tous la même aventure”, souligne Noemi. On peut en parler à notre famille, ils nous racontent des choses mais ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre parce qu’ils ne savent pas trop ce qu’on traverse. Par conséquent, les liens du sang ne valent rien comparés aux liens de Love is in the Meadow.
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