Des habitants manifestent pour exiger la démolition d’un camp pour usagers de crack, un an après sa mise en place par les autorités à Pantin (Saint-Saint-Denis), le 24 septembre 2022. JULIEN DE ROSA / AFP
Une banderole a été placée aux grilles de la mairie de Pantin durant la semaine. Camp de crack du Port de la Villette : pendant 365 jours le ministre de l’Intérieur [Gérarld Darmanin] nous ment », peut-on y lire, avec un compteur électronique qui égrène les jours.
C’est devant cette banderole que samedi 24 septembre, des dizaines d’habitants du quartier se sont rassemblés, portant les pancartes “Prenez soin d’eux, protégez-nous”, à l’appel de l’association 93 AntiKrak et du bourgmestre Bertrand Kern (Socialiste Parti, PS), pour une marche contre l’establishment dans un camp d’usagers de crack place Forceval, près de la porte de la Villette, pendant un an.
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Rejoints par les habitants d’Aubervilliers et du 19e arrondissement de Paris, ainsi que leurs maires respectifs, Karin Franklet (Union des Démocrates et Indépendants, UDI) et François Dagno (PS), ils comptaient environ 450 personnes à se rassembler au « mur de honte “”, construit fin septembre 2021 et censé empêcher les ” crackers ” de rejoindre Pantin.
Deux jours plus tôt, au même endroit, les trois élus avaient également tenu une conférence de presse pour annoncer leur décision d’arrêter la défenseuse des droits humains Claire Hedden. “Les droits et libertés constitutionnels ne sont plus garantis par l’Etat dans ce domaine dans une situation indigne de la République française”, a prévenu Bertrand Kern, incitant tous ses concitoyens lésés à faire de même.
“Le véritable enfer”
Dans la foule ce samedi, tout le monde désespère de fêter cet anniversaire de l’inaction. Le 24 septembre 2021, des riverains ont assisté, impuissants, au déplacement d’une centaine d’usagers de crack du Jardin d’Eole (18e arrondissement) vers le square Forceval. Le 28 septembre, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a confirmé que la situation ne durerait que “quelques heures, quelques jours”.
Aujourd’hui, 150 personnes dorment dans ce camp, et environ 600 y transitent pendant la journée. Selon la préfecture, le site présente l’avantage, à la différence du Jardin d’Eole, de n’avoir aucun logement à proximité immédiate. “Aujourd’hui, ce sont 25 000 personnes qui habitent le quartier, notamment Villette-Quatre Chemins, qui vivent un véritable enfer et souffrent”, prévient Bertrand Kern.
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“On a vraiment l’impression d’être des petits citoyens”, fulmine Thibaut Mahiet du collectif Villette Village, qui y vit depuis vingt-huit ans. Ils sont venus ici parce que nous sommes un quartier d’immigrants populaire. On a l’impression que cela leur donne le droit de tout piller, puisque c’est un quartier où les autorités n’ont jamais investi beaucoup d’argent. »
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