France

Accident mortel à Rouen : le bar au service du chauffeur conteste sa fermeture d’un mois

Par Valentin Lebossé Publié le 22 juil. 22 à 19:02 mis à jour le 22 juil. 22 à 20:02 76actu Voir mon actualité Suivre ce média Ce bar fait l’objet d’une fermeture administrative pour avoir servi de l’alcool à des clients “manifestement intoxiqués”. Parmi eux figure le conducteur impliqué dans un accident mortel. (©AdobeStock/illustration)

Trois mois jour pour jour après le dramatique accident dans lequel une femme de 55 ans a été tuée et sa fille de 25 ans a été grièvement blessée, boulevard Ferdinand de Lesseps à Rouen (Seine-Maritime), l’affaire revient devant la tribunal administratif. Un pub sur la rivière a été suspendu pendant un mois pour avoir servi de l’alcool à la cause présumée de l’accident. Le gérant conteste cette décision.

“Aucun lien” avec le crash, déclare l’avocat de River’s Pub

Vendredi 22 juillet, le tribunal a entendu le référé-liberté intenté par le patron du River’s Pub contre la décision du préfet de fermer le pub pendant un mois, à compter du 21 juillet. Il est accusé d’avoir servi de l’alcool à des personnes « visiblement ivres » le 22 avril. Or, selon nos confrères de Paris-Normandie, l’enquête de police sur laquelle s’appuie le préfet a révélé que parmi ces personnes figurait le conducteur impliqué quelques heures plus tard dans l’accident mortel.

Son test d’alcoolémie a montré 0,75 mg par litre d’haleine – l’équivalent de 1,5 g par litre de sang, selon les données rapportées lors de l’audience. Il s’était rendu dans cet établissement de la rive gauche en compagnie d’un collègue et de son employeur.

“Ces clients ont bu quatre ou cinq verres en trois heures”, a précisé Jean-Luc Lecoutio, gérant du River pub, à l’issue de l’audience, “Ils ne pouvaient pas dépasser 0,5g d’alcool par litre de sang. Le résultat de la drague après le crash est trois fois plus élevé ! »

Son avocat, Me Hervé Suxe, a convenu : “Il n’y a pas de lien direct entre la consommation au River’s Pub et le comportement irresponsable du prévenu”, a-t-il déclaré à l’audience. La mairie a ajouté qu’entre la sortie du bar à 17h et l’incident, survenu à 18h30, “ces trois clients sont remontés dans leur véhicule, ont traversé la Seine et se sont rendus dans les locaux de leur entreprise pour boire apparemment de l’alcool”.

L’établissement que je défends a été accusé de complicité dans ce qui s’est passé deux heures plus tard. Cependant, rien n’indique que ces clients étaient ivres lorsqu’ils ont consommé.

Me Hervé Suxe Avocat pub rivière

“De toute évidence, le personnage ivre était là”

“Nous essayons de croire que la décision de fermer a été prise après l’incident, mais ce n’est absolument pas le cas. C’est parce que River’s Pub servait de l’alcool à des personnes manifestement ivres”, a corrigé le représentant préfectoral qui s’est exprimé à l’audience. Et ce dernier rappelle les boissons prises par le trio : huit digestifs, trois cocktails et quatre bières dont deux de 50 cl. C’est l’équivalent de “17 tasses standard, soit une moyenne de plus de cinq tasses par client”.

La jurisprudence admet que la quantité d’alcool servie est suffisante pour établir que la personne est manifestement ivre, quelle que soit l’apparence du client. Apparemment le caractère ivre était présent, vu le nombre de verres d’alcool consommés par au moins un de ces trois clients.

Préfecture

Selon le représentant préfectoral, River a également manqué à ses devoirs en laissant partir les trois hommes sans leur proposer de test d’alcoolémie, en appelant un taxi ou en restant sur les lieux jusqu’à ce que leur taux d’alcoolémie baisse.

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« Des boissons qui servent la quantité d’alcool en jeu, ça arrive tous les jours ! », répond Me Suxe, qui dénonce la « posture » de la préfecture au détriment de son client.

“Je suis en vacances forcées”, a licencié Jean-Luc Lecouteau, qui a mis ses 13 salariés en congé depuis le 21 juillet. « Les impôts, les salaires… Tout va continuer à baisser quand il n’y aura pas de recettes. »

Son avocat a demandé au tribunal administratif « d’arrêter immédiatement l’exécution de [l’arrêté de fermeture administrative] et, le cas échéant, ordonner à la préfecture, à titre subsidiaire, de prendre un nouvel arrêté de fermeture pour une durée limitée à 15 jours ».

Le tribunal administratif a confirmé la fermeture du pub fluvial pendant un mois.

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