Le petit calendrier, accroché au mur dans l’angle du dortoir, s’est arrêté le 14 mai. Alors personne ne casse les pages. Les soldats ukrainiens retranchés là-bas étaient-ils trop engloutis dans la bataille pour continuer ce rituel de siège ? Ont-ils évacué leurs remises vers un autre bâtiment, une autre partie souterraine de l’usine ? Trois jours plus tard, le 17 mai, les premières redditions sont annoncées : 265 hommes dont 51 blessés. Le début de la fin de la résistance d’Azovstal, qui conduira à la capitulation de plus de 2 000 combattants, selon le chiffre de Moscou. Entre-temps, l’endroit est devenu l’un des symboles de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine. Un labyrinthe de destructions et de morts que les militaires russes ont montré pour la première fois à un groupe d’une trentaine de journalistes, lundi 13 juin, dont Le Monde, dans le cadre d’une tournée de presse dans le Donbass et les territoires du sud de l’Ukraine occupés par Moscou.
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